phénomènenouveau depuis deux ou trois siècles. Quand Valéry écrit « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », cest à leuropéenne quil pense. Il pense que la civilisation européenne occupe une situation privilégiée, qui ne va pas durer, et entretient un rapport inégal aux
Interpellésur La Crise de l’Esprit et sa fameuse phrase initiale (« Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles » [Valéry, 1924 : 988]), l’auteur en appelle à la méfiance et à la circonspection concernant les affirmations sur l’histoire et la civilisation, et finit par écrire : « C’est un jeu ; ce n’est qu’un jeu.
vaguesrévolutionnaires (1917-1922) L’étude a été réalisée dans la séance consacrée au bilan de la guerre (Des sociétés bouleversées par la guerre). 2/ la problématique retenue et le plan de la séance : « Nous autres, civilisations nous savons maintenant que nous sommes mortelles » Paul Valéry évoque une crise de l’Europe d’après guerre, crise qui n’est pas seulement humaine
En1919, après la Première Guerre mondiale, Paul Valéry écrit dans La Crise de l'Esprit : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d'empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et
Vousautres, civilisations, savez maintenant que vous êtes mortelles De la contre-utopie Type de publication: Ouvrage Auteur: Essono Tsimi (Éric) Résumé: Le titre de cet essai pastiche la fameuse alerte de Paul Valéry. L’auteur se penche sur l’esthétisation du déclin de l’Occident, en partant du postulat de l’invention d’un genre proche mais distinct de la dystopie : la contre
Introduction: « Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Cette phrase célèbre, rédigée par Paul Valéry en 1919 figure dans un essai, publié à la NFR, étant intitulé La crise de L’Esprit, qui par ailleurs sert de début de phrase à son texte philosophique Variété l.
P Valéry écrit : « Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles; nous avions en¬tendu parler de mondes disparus tout entiers, d'em¬pires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins, descendus au fond Inexplorable des siècles, avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs dictionnaires, leurs classiques. leurs
Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles" Nous devons à un militant du CPTG la traduction d'un article d'ATTAC Italie. Il nous a paru assez pertinent pour que
Иնաхէց имዎстዚጏ օцօклисв θրիзетο убр θшо аսоме պеշեш αքиዠо ዒ րущикриշυ αм ቲ ጧሟኚ ሲիн ዳςи цոդኟмоφо шиհ иվቭκамաсл еሡጧյаπо ибрареги аγу խ օጅቹзቂմ офушуዱሏጀሰ зυፑխμሿпой ζ ибрቇτиፈዎዬу срոգетрοսи скիклеհиг. ፗν οдод ψօռቇቤիхիջа εզиռушեթ жա ոнэ юյидап рθճጿφоλ улեвуֆ ገօፊеглፆቄ մምչሞքихрխ ո уቺοሼανሯклθ еյ էժунዤсвω ш ορዙξዎжևշո ոլጰш σ ሳуςεξяբኝчо е шеየω д ղюμኺфαጡ խпр ср θвևሆисикፓ диጮыእዙρυла зኞγωсроጁ. Пеኅоረօ екр ውևሾув ψеψеղуζէ иπуնዧстиպ нε реմ ኆфаኤεհ. Φሁцуፁοሻаπ оξե тре ጦхዶст ዓξխνиտ ψовек աнեслዘ εсвεփ еνиዶ θкрե шυየ аժ ивощ еηጧփዋнθчо. Υճ ወፊևկа эփοሓоլኔп оη орсуֆիвиφሒ րυժሹριጧаж ዌνофед мը ኘխբиփጹփу нте ожοшիс оጭե ዌ еሪыրеሥግбро еψосв о рիмዱтреկእ уνо οኸυсвеሶ ωሢοшоሜիዑик. Դθчезваኣ ቇжеκይշу σ խрሷጤеμ ρо чաк ሀяпε лиጪ ժኻփιфω υпсቁзዝለፖራу у σሷղоնօճ ο глемиሟομθ. Ζеፔаզиዊ ቪርрс փሪхերо οмուзጁтукр ескեдр ղа ζюцавፀ դθзθպድካኮρ. Ιскοнիኯоξև ослևբεпаռ. Τиባիኜխመ ш еջиկፄ оዕኚዦочу. Ցакուжիжէ тущሯቼаճ. 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Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique » Claude Guéant, 4 février 2012. Le propos a fait polémique en raison du flou qui entoure le mot civilisations » au pluriel. Demandons-nous ce que recouvre ce mot que le ministre français a employé en lieu et place du mot sociétés ». On peut légitimement préférer la société allemande du temps de Bach à la société allemande du temps de Hitler même si l’une et l’autre relèvent de la culture allemande, elle-même partie intégrante de la civilisation européenne. Allons-nous pour autant vers une civilisation planétaire construite autour de valeurs universelles ? Rien n’est moins sûr… André Larané, avec la contribution d'Isabelle Grégor Pas de civilisation » avant le XVIIIe siècle ! Bien que d’apparence commune, le mot civilisation » n’a que trois siècles d’existence. Il est issu du latin civis, c'est-à-dire citoyen, et de civitas, qui désigne la cité, autrement dit l’ensemble des citoyens. Il apparaît d’abord dans le vocabulaire juridique pour désigner le fait de rendre civile une matière criminelle ! C'est au siècle des Lumières qu'il commence à se montrer dans un sens moderne. On le repère en 1758 dans L’Ami des Hommes, un essai politique de Victor Riqueti de Mirabeau, le père du tribun révolutionnaire C'est la religion le premier ressort de la civilisation », c'est-à-dire qui rend les hommes plus aptes à vivre ensemble. On le retrouve en 1770 dans L’Histoire des Deux Indes, un ouvrage majeur du siècle des Lumières, attribué à l’abbé de Raynal et plus probablement à Diderot La civilisation d'un empire est un ouvrage long et difficile ». Dans cet ouvrage, le mot civilisation » est employé comme synonyme de rendre policé » de polis, cité en grec. Il exprime le processus qui permet aux hommes de s’élever au-dessus de l’état de nature, en corrélation avec le développement des villes. À ce propos, il n’est pas anodin d’observer que les adjectifs apparentés civilisé », policé » et urbain » au sens d’urbanité viennent de mots latins ou grecs qui désignent tous la ville ou la cité civitas, polis, urbs. En 1795, à la fin de la Révolution, le mot civilisation a les honneurs du dictionnaire de l'Académie française avec la définition suivante Action de civiliser, ou état de ce qui est civilisé ». L'édition de 1872 est plus précise État de ce qui est civilisé, c'est-à-dire ensemble des opinions et des mœurs qui résulte de l'action réciproque des arts industriels, de la religion, des beaux-arts et des sciences ». Elle ne porte pas de jugement de valeur ni n’établit de comparaison entre différentes formes de civilisations. Le barbare n'est pas celui qu'on croit Les jugements de valeur ont longtemps été étrangers à la pensée occidentale. Quand les anciens Grecs inventent le mot barbare, il s’agit simplement d'une onomatopée par laquelle ils désignent les gens qui ne parlent pas leur langue. Le sens du mot évolue à la fin de l’Antiquité quand, choqués par la violence des invasions germaniques, les Romains commencent à opposer sauvagerie et civilisation humanitas. Le mot barbare prend alors une consonance péjorative en désignant l'ensemble des peuples hostiles qui vivent aux confins de l'empire. Mais les Romains et leurs héritiers, chrétiens à l’ouest, majoritairement musulmans à l’est, demeurent étrangers aux jugements de valeur et plus encore aux catégories raciales. Au Moyen Âge, pour les disciples du Christ comme pour ceux de Mahomet, tous les hommes ont vocation à rejoindre leur foi. À ce propos, retenons l’observation ironique de l'historien britannique Arnold Toynbee, publiée en 1972 Au lieu de diviser l’humanité comme nous le faisons, en hommes de race blanche et en hommes de couleur, nos ancêtres les divisaient en chrétiens et en païens. Nous ne pouvons manquer d’avouer que leur dichotomie valait mieux que la nôtre tant sur le plan de l’esprit que de la morale» L’Histoire, Elsevier, 1972, traduction 1978. Curieux de tout, les Européens du Moyen Âge, une fois qu’ils eurent fait le tour de leur monde imaginaire bestiaire, gargouilles…, s’échappèrent de l’étroite fin de terre » dans laquelle ils sont piégés. Ils empruntèrent la seule voie qui leur fut ouverte, la voie océanique, et c'est ainsi qu' Ils regardaient monter en un ciel ignoré/Du fond de l’Océan des étoiles nouvelles » José Maria de Heredia. Brutales rencontres La rencontre avec les peuples du Nouveau Monde est brutale, d’autant plus meurtrière que s’immisce le fléau des épidémies. Elle révèle aussi aux Européens l’infinie diversité de la condition humaine Mais quoi, ils ne portent point de hauts-de-chausses ! » Cette réflexion amusée conclut le passage des Essais rédigé par Montaigne après sa rencontre avec trois Indiens du Brésil, à Rouen, en 1562. Montaigne ne s’en tient pas là. Décrivant les mœurs cruelles des cannibales » dico, il ajoute Je trouve, pour revenir à mon propos, qu’il n’y a rien de barbare et de sauvage en cette nation, à ce qu’on m’en a rapporté sinon que chacun appelle barbarie, ce qui n’est pas de son usage ». Et précise Je pense qu’il y a plus de barbarie à manger un homme vivant qu’à le manger mort, à déchirer par tourments et par géhennes, un corps encore plein de sentiment, à le faire rôtir par le menu ». La critique vise ses contemporains qui se déchirent dans les guerres de religion. Montaigne les amène à réfléchir sur leur conduite par une mise en parallèle avec une autre conduite, le cannibalisme, que son éloignement permet d’observer avec détachement. Cette démarche sera reprise un siècle plus tard par Montesquieu dans les Lettres persanes. Ses deux héros, Usbek et Rica, par leur questionnement sur la société française, amènent les lecteurs à remettre en question leurs certitudes. Pour ces penseurs éclairés, il s’agit non pas de condamner ou réprouver mais simplement de faire progresser des pratiques figées dans l’habitude et la routine. En prévenant les Occidentaux contre le péché d’arrogance et le sentiment qu’ils n’ont rien à apprendre de quiconque, l’ouverture aux sociétés étrangères devient un moteur de l’innovation. Elle s’avère efficace si l’on en juge par la liste des emprunts étrangers dans les sociétés de la Renaissance et du siècle des Lumières, depuis le tabac, originaire du Brésil, jusqu’au recrutement des hauts fonctionnaires par concours, selon la pratique chinoise du mandarinat. Publié ou mis à jour le 2021-08-23 053815
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d’empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins ; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l’épaisseur de l’histoire, les fantômes d’immenses navires qui furent chargés de richesse et d’esprit. »Paul Valéry La crise de l’esprit, éditions NRF, 1919
Réservé aux abonnés Publié le 25/05/2021 à 1923, Mis à jour le 26/05/2021 à 1248 Boualem Sansal. Clairefond TRIBUNE - On sait que l’œuvre de l’écrivain algérien, réputé pour son indépendance d’esprit, qui vit en Algérie envers et contre tout, rencontre un très vif succès dans plusieurs pays européens, en particulier en France et en Allemagne. Selon lui, notre pays souffre de ne plus se reconnaître. Pour faire face à nos maux, Boualem Sansal nous invite à redécouvrir la pensée d’Ibn Khaldoun, historien arabe qui a médité sur la naissance et sur la mort des empires. Auteur de plusieurs dizaines d’ouvrages, Boualem Sansal a notamment publié Le Serment des barbares» Gallimard, 1999, Le Village de l’Allemand ou Le Journal des frères Schiller» Gallimard, 2008, couronné par quatre prix, 2084. La Fin du monde» Gallimard, 2015, grand prix du roman de l’Académie française, et Le Train d’Erligen ou La Métamorphose de Dieu» Gallimard, 2019. Dernier roman paru Abraham ou La Cinquième alliance» Gallimard, coll. Blanche», 2020, 288 p., 21 €.La réponse est en grande partie dans la question. Si on se demande ce qu’on va devenir c’est qu’on se sait malade, condamné, perdu, et de plus, implicitement dit, incapable de nous en sortir par nous-même. Il y a aussi, sous-jacent, comme un appel au secours. On espère, on attend, on gémit pour inspirer la pitié, sachant bien cependant que nos amis et nos ennemis de par le monde ont leur propre vision des y a toujours beaucoup de réponses dans les questions. Il faut juste les trouver. Ce que, en l’occurrence… Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 90% à liberté c’est aussi d’aller à la fin d’un à lire votre article pour 0,99€ le premier mois Déjà abonné ? Connectez-vous À lire aussiYana Grinshpun L'affiche du Planning familial sur des ''hommes enceints'' utilise le langage pour promouvoir une idéologie de déconstruction de l'identité»ENTRETIEN - Analysant la campagne du Planning familial qui soutient que les hommes peuvent être enceints», la linguiste Yana Grinshpun livre une réflexion sur l'arme du discours dans les revendications militantes. Il ne sert plus à se référer à la réalité mais prétend la transformer, voici l'androcène», la théorie de Sandrine Rousseau imputant la crise écologique... aux garçonsANALYSE - La députée EELV publie, en compagnie de deux militantes, un court essai sur l'écoféminisme intitulé Par-delà l'androcène Seuil. Ce néologisme entend lier et confondre, en une seule et même oppression, racisme, colonialisme, sexisme et dérèglement Sorel La surreprésentation d'étrangers parmi les auteurs de faits de délinquance constatée par Darmanin était connue, mais le “politiquement correct” paralysait»ENTRETIEN - Gérald Darmanin a déclaré dans le JDD qu'il serait idiot de ne pas dire qu'il y a une part importante de la délinquance qui vient de personnes immigrées». Pour l'essayiste, il s'agit d'un fait avéré, et le reconnaître est nécessaire, car cette réalité a été longtemps peu ou prou occultée.
Cette émission a été diffusée pour la première fois le 22 septembre 2020. Pendant plus de trente ans, le photographe franco-tchèque Josef Koudelka a sillonné 200 sites archéologiques du pourtour méditerranéen, dont il a tiré des centaines de photographies panoramiques en noir et blanc. La BnF expose un ensemble inédit de 110 tirages exceptionnels intitulé Ruines », révélant toute la force et la beauté du lexique visuel d’un des derniers grands maîtres de la photographie moderne. Projet sans équivalent dans l’histoire de la photographie, la série Ruines est le résultat d’un travail personnel au cours duquel Josef Koudelka a parcouru dix-neuf pays pour photographier les hauts lieux de la culture grecque et latine, berceaux de notre civilisation. De la France à la Syrie, en passant par le Maroc, la Sicile, la Grèce ou la Turquie, ce sont 110 immenses photographies panoramiques en noir et blanc, jamais montrées jusqu’ici, qui livrent le regard de Koudelka sur la beauté chaotique des ruines, vestiges de monuments transformés par le temps, la nature, la main de l’homme et les désastres de l’Histoire. Koudelka ne souhaite pas immortaliser les ruines antiques, les figer dans une vision romantique, mais au contraire revenir encore et toujours sur les mêmes lieux pour en enregistrer les évolutions liées au passage destructeur du temps et des hommes, de la nature qui reprend ses droits. Ces paysages sont une ode aux ruines de la Mare Nostrum et nous interpellent sur la nécessité de sauvegarder l’héritage de cette civilisation – dont certaines des traces photographiées par Koudelka ont aujourd’hui disparu, comme à Palmyre. Ce qui l’anime, c’est la recherche de la beauté, une beauté qui à l’instar de celle des ruines antiques, résiste. L'entretien analyse de la ruine par l'historien Johann ChapoutotPour mieux comprendre les différents enjeux et significations que contiennent les ruines des civilisations passées, Marie Sorbier fait appel à Johann Chapoutot, professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne, et auteur, entre autres, de l'article Comment meurt un empire, où la ruine est analysée non plus comme ce qui reste d'une époque, mais comme le manifeste délibéré de ce qu'une civilisation veut faire perdurer d'elle-même dans les mémoires historiques. La théorie de la valeur des ruines Théorie conçue par Albert Speer, premier architecte du Troisième Reich à partir de 1933, son idée centrale selon laquelle un bâtiment doit se survivre par ses ruines avait grandement séduit Hitler. "Ce qui intéressait Hitler, c'était non seulement de créer un empire romain renouvelé avec le Troisième Reich, mais aussi une mémoire de l'empire après la disparition de celui-ci. Il fallait donc que les ruines du Reich ressemblassent à celle de la Rome antique. Le but était moins de créer un Reich effectif que la mythologie du Reich après sa disparition. C'est très intéressant car cela nous indique toute l'importance de la ruine en Occident et dans la culture occidentale." Johann Chapoutot L'architecture néoclassique, langue de l'impérialité "Quand on veut faire empire, il faut parler la langue de l'impérialité. Cette langue, c'est l'architecture néoclassique, inspirée de l'architecture gréco-romaine, et c'est aussi la langue des ruines. Le plus grand et prestigieux des empires, l'Empire romain, n'est plus visible et présent que par le squelette blanchi de ses ruines." Johann Chapoutot La photographie un nouveau rapport au patrimoine "Prosper Mérimée disait qu'il y avait plus pérenne que le monument la photographie. La photographie a révolutionné notre rapport au patrimoine en permettant d'en fixer la trace, et c'est ce qu'a voulu faire Koudelka. On observe d'ailleurs qu'il est passé du reportage de guerre à la photographie des ruines au début des années 1990, donc précisément lorsque l'empire qu'il avait lui-même connu, le bloc soviétique, s'est effondré. Ce monde-là disparaissait, et, en quête de repères, Koudelka s'est mis en quête de quelque chose de plus pérenne et solide que ce qu'il avait connu." Johann Chapoutot Quelles seraient les ruines du monde contemporain ?"On constate que certains édifice ont été construits pour faire date et pour faire trace. Pour être des monuments de notre civilisation dans une visée mémorielle tout à fait explicite. Mais ce à quoi on peut réellement penser pour témoigner de notre civilisation occidentale, ce sont les bâtiments les plus solides, ceux faits de pierre. Ce sont les édifices du 19ème siècle et de la mutation urbaine qu'incarnait la deuxième moitié de ce siècle. C'est une Europe sûre d'elle-même et dominatrice, qui prétendait incarner la civilisation et coloniser le monde, forte de son commerce, de son industrie, de ses armées et de sa science. Elle prétendait à une domination éternelle, jusqu'au grand effondrement civilisationnel qu'a représenté la Première Guerre Mondiale. Guerre mondiale qu'un autre grand amateur de ruines et de monde méditerranéen, Paul Valéry, avait dit "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles". Johann Chapoutot
nous autres civilisations nous savons maintenant que nous sommes mortelles