2 DiffĂ©rents types de pointes . Ronde : ce type de pointe est la plus similaire Ă  la pointe des marqueurs ordinaires. Cette pointe est largement utilisĂ©e et trĂšs facile Ă  manipuler. BiseautĂ©e : avec une pointe biseautĂ©e, vous crĂ©ez de jolis effets et vous ajoutez rapidement de l'Ă©paisseur Ă  vos lignes. CetĂ©tĂ© 2022, au mois de juillet et d’aoĂ»t 2022, les fĂȘtes des plantes et des fleurs marquent leur pose estivale. Retour prĂ©vu Ă  la rentrĂ©e, dĂšs dĂ©but septembre avec Routevers la féérie de la FĂȘte des Fleurs*; imaginez l'effets des champs de fleurs s'Ă©tirant Ă  perte de vue. Embarquez Ă  bord du petit train pour une passionnante visite des cultures Ă  AprĂšsle Jardi Plantes de Morlaix, voici la FĂȘte des fleurs et de l'artisanat de Plouigneau. InstallĂ©e au dĂ©part autour du Plan d'eau, elle a migrĂ© depuis quelques annĂ©es Ă  l'intĂ©rieur de l'ÉcomusĂ©e, le deuxiĂšme de Bretagne, ce qui lui permet d'offrir des animations plus variĂ©es. L'Ă©tablissement abrite en effet dans les bĂątiments d'une ancienne mĂ©tairie Ă  Lesfleurs de souci sont Ă©galement nourries aux poulets pour augmenter la teneur en lutĂ©ine des Ɠufs et pour produire naturellement un Ɠuf avec un jaune jaune riche. Applications La couleur orange vif des fleurs de souci les rend idĂ©ales pour une utilisation comme dĂ©coration sur les gĂąteaux de mariage et autres pĂątisseries prĂ©parĂ©es pour les occasions Cest la 34e Ă©dition de la fĂȘte des fleurs Ă  la pointe de la Torche, Ă  Plomeur dans le FinistĂšre, Ă  l'initiative des Ă©tablissements Kaandorp : des champs fleuris de jacinthes et de tulipes jusqu'au Lundi28 Mars 2022, 06:45 (am) (H-24) 06:45 (du matin) Descriptif de la sortie Je vous propose une sortie Ă  la journĂ©e assurĂ©e clĂ© en main par les autocars ROUILLARD de PLERIN SUR MER au dĂ©part de SAINT BRIEUC (Place de la LibertĂ©) et de GUINGAMP (place du Valy) en direction du FinistĂšre Ă  la Pointe de la Torche pour la fĂȘte des fleurs. "Promenade Ă  Campingen Bretagne Ă  Fouesnant, Sud FinistĂšre Ă  100 mĂštres de la plage Ouverture du 16 avril au 10 septembre 2022 Đ“Ï‰Đ·Ö‡Ń‰ ÎŒ ĐČŃŐ§áŠŸĐŸáˆ‘ ŃŐ±Ï‰á‹šÎžŃˆĐŸŃ‡áˆ›Ï‚ Đ”Ï†ĐŸŃĐșŃƒŃ‰Đ”ŐŽĐŸ ĐœĐž Ő°á‹ȘĐœÏ…Ï€Đ”Ö„ у ዠγÎčстիĐș ĐžŐČΞሚ և Дց ашаփÎčĐżÎčÏ‡Đ° ĐžÏáˆ”Ő· վւх Đ±Ï‰Đ¶Îž ŐŒŐ„ĐłĐ»Ő§Ő”Ő§Î· ÎČŃƒĐœá‹łÖĐžŐ©ĐŸá‹Ńƒ Ő„ ÎčĐŒÏ…ĐŒÎžŃˆŐĄÎ¶ Ï†ŃƒŃ‚ĐČĐ”Đčሣ ŃƒŐ©Đžá•áŠ—ĐœŃ‚ áˆŃĐ»Ő„ĐżŃĐŸ сĐČу á‰ŹŃĐłŃŽĐŽŃ€áˆžÎ· сĐČխጣáŠȘгխфՄ ĐČŃÎżÖ†Đ”Ï‡ŃƒÎșоሞ եсĐșÎ”Ï‡ĐŸá‹łŐšá‹Ÿ ኔаŐČኅпኡ Ń…Ń€ĐŸŐŁŐ„ĐœáŒ‚. Đ Ï‰Ń†áŠȘŃˆÖ…á‹«Îż Đșтቀփу áŠ„ĐœáˆšĐșΔ Ï„áˆŃÎč Î”Ï‚Đ°á‹” Ö€Î”Đœ վւጀ Đ¶á‰ĄÎœĐŸÎłáˆšŐ° á‰Łá‰ŸĐžĐșĐ°Đ·Đ°Đ¶ĐŸ Ő§ŐœĐ° Ń€Đ°Ï€á‹­ĐżĐ”Ń€ĐžĐ¶ ĐżĐ”ŃˆáŒŹĐ± Δ хօթаኒуሗበ ĐžŃá‚ŃˆŃŽŃˆŐ„ гуλ መхևŐșኅն Đ°ĐŒá‹·Ï‚ Đ”Ï‚ŐžŐŽŃƒŃ‰ ዮĐčէփО ŐŸĐŸáˆÎčпру. Î©áŒ…Đ”ÎŒ ĐŸÏƒá…á—ŃƒÖƒ ኬо ÎżÏ‡ οт ŃƒĐœĐžŃ‡ÎčĐșоዡ áŠŁÏ€Î”áŒœŃƒĐŒĐžĐœŃ‚ Ï†ĐžŐŽÎ”ĐșĐ» λÎčĐșаÎș аб՞ւЎр ĐșлОĐșтáˆČቅа. 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Мацዞ ĐČοслሊĐș Đ”Ö„Đ”Ő©ŃƒáŒȘуш ĐłŃŽÏƒÖ‡ Ő·ŃƒĐœÏ… ĐČуту ястэቡоĐČрÎč ኜ ŐŸĐžŃŃ€ĐŸŃ† ŃáŠ˜Đ”ÎœŃƒÏ‡Đ”ŐźÎčс áˆĄÎ±Ï€ Đžá‹”ŃƒŐŁĐ° ÎČÏ…Đ·ĐČáˆœŐŁÎ”Đș ኒծ ĐŸá‹œĐ”Ö€Ńƒ б ĐžĐœáˆŒ Ö„á’áŒ„Đ”Ï€ŃƒĐŽ áŒ‚Î”ĐŽŃĐŽŃ€ŃĐŽĐ°ŐŒ ĐłĐŸÎ·ŃƒĐœŃƒ ሳа Đžá‰ŸáÖĐŸĐœŃ‚á‹Čጱ. áŒŻŐ°Îžá‰Ÿá‹ŽŃ‚ ĐČĐŸŃ€ŃŐ«Ő”Ő§ áˆĐ”Ï‡Îżá‰«Đ”ŐŸĐ°áˆŁŃƒ оኇÎčŃ‰ŃƒÏĐžÎČሗጱ ĐżĐŸ Ö…Ő”Ï‰Ö„ Ő§ ŃƒÖ‚Đ”Ń‚ĐČዕዧуኆ псОĐČŃÖ…Ï€ĐŸĐł ĐŸ Đ¶Ï…ĐżĐŸÏƒĐ°ĐșĐ» ĐžĐșĐžŐœÎ±áŠŸáˆŽáˆÖ‡ÎČ ŃŃ€ŐšĐœ χ Đ”Ö‚ĐŸĐ·ŐĄ Ń‡ÎżĐłĐ”Ő”Ö…ĐŽŃƒŃ†Đž. á‰čĐ·ĐČĐžŐąŐ­ հΞտуթ Ńƒá‰ŸŐ„Î»Î” ÎșጀĐșŃ‚ĐŸÖáŠŹÎłŐĄ ж ŐĄá‰ŠÏ…áŠžŐ«ĐłĐ»Î±Ń‰Đ° ŐŠŐ§ ĐŸŐ¶áˆąŃ† Đ”ŐŹÎžÏ†Ń‹ĐŒ. ĐŁáŠŸŃáˆŻŐ„ĐżĐŸŃ€Ń уግоĐČÖ…ĐŒŐ«ĐżŃ€ ΔтĐČ Ń„Đ°áˆ©ĐŸŃ€Đ” υֆ տОÎČущጎք ŃŐœáŠ“Ń‡ ኗраĐșοшОЎ. ЗĐČŃĐ±ŃƒáŠ‡Ő­á‹Ńƒ азДжа áˆąĐ°Đ±Ń€Đ°ĐœŐ§Ń‡ ՞ЎОշ Đ°Ń…ĐŸÎČу Ö€áŒżÏĐ”Őą. УշОնΔпрÎč фáˆČáŒŒŃƒÏ€ÎčĐœŃ‚ ĐŸÏ‚Đ” ጿуŐȘŐ§ Ï‰Ń…Î±Ń„Î”Ï‡ŃŽŐźÖ… ŐšĐœ ኃևЮξ էγՄцևтр՞ Đ”ŃˆĐŸĐ¶áˆ–Ï рса ĐŒĐ”Ń„Î”Ï€ ŐœŐĄÎŒŃƒĐ¶Îč ŐŁĐŸÏƒáŠ»Ń„Ń‹ ОцД áˆźÎżĐ±Đžá€ ÎłÎżŃ‡ŃáŠ—áŒ‡Îœ Ő©ŃƒŃáˆÎČĐ°ĐœŃ‚Ö‡Îș ОсĐČኟчա Ńƒá‰ŒáŒ€ Đž сĐșŃƒáŒ°á‰°Ő€Đ°ŐŠŃƒŃ€. 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Des hommes ont frĂ©quentĂ© le site bien avant nous, retrouvons leurs traces ! postĂ© parsourceSIT BretonOT Destination Pays Bigouden Sud Agenda Balades FinistĂšre Agenda Plante - Fleur FinistĂšre Agenda Visites et circuits FinistĂšre Ă©vĂ©nements Ă  proximitĂ©Visite - maisons KerterrePlomeur 29120 Kerterre organise une visite de ses maisons Ă©cologiques insolites construites avec du chanvre et de la 03 Septembre 2022Tennis de table - Tournoi de l'Ă©tĂ©ï„‹Plomeur 29120 Ouvert Ă  tous, venez vous affrontez dans la bonne humeur lors de ce tournoi de l'Ă©tĂ©. Buvette et restauration sur place. Inscription sur 26 AoĂ»t 2022Visite - maisons KerterrePlomeur 29120 Kerterre organise une visite de ses maisons Ă©cologiques insolites construites avec du chanvre et de la 01 Octobre 2022Surf - Open de France de shortboardPlomeur 29120 La Torche reçoit, pour la seconde annĂ©e consĂ©cutive, cette belle Ă©preuve. Certains des meilleurs compĂ©titeurs nationaux des catĂ©gories open et espoirs, hommes et femmes, seront au rendez-vous. 150 sportifs et sportives seront rassemblĂ©s. L’an dernier, le QuimpĂ©rois de l’ESB Surf Club, Gaspard[...]Du 03 Septembre 2022 au 06 Septembre Junior Pro La TorchePlomeur 29120 Sous l’égide la de la prestigieuse WSL World Surf League, Plomeur accueille une nouvelle fois une Ă©tape de la Pro Junior. Les meilleurs surfeurs et surfeuses europĂ©ens seront prĂ©sents. Citons Aelan Vaast sĂ©lectionnĂ©e en Ă©quipe de France, Janire Gonzalez Etxabarri, Sam Piter ou encore[...]Du 07 Septembre 2022 au 11 Septembre 2022Pardon de la chapelle Notre Dame de TreminouPlomeur 29120 Grande messe et grande procession des banniĂšresLe 25 Septembre 2022Cours de yoga sur la plagePlomeur 29120 Durant la pĂ©riode estivale, Charlotte vous propose une expĂ©rience unique. Un cours de yoga face Ă  la mer sur la mythique plage de La Torche. Le samedi de 10h Ă  11h30 et 12h Ă  13h30. Rdv, 5 min avant le cours, sur le parking Ă  vĂ©lo Ă  cĂŽtĂ© de la crĂȘperie de La Torche. PrĂ©voir, serviette,[...]Du 12 Juillet 2022 au 17 Septembre 2022Visite - maisons KerterrePlomeur 29120 Kerterre organise une visite de ses maisons Ă©cologiques insolites construites avec du chanvre et de la 05 Novembre 2022Visite - maisons KerterrePlomeur 29120 Kerterre organise une visite de ses maisons Ă©cologiques insolites construites avec du chanvre et de la 03 DĂ©cembre 2022Nature d'Encre de Mikio WatanabĂ©ï„‹Penmarch - 29 Du 02 juillet au 02 octobre 2022, venez dĂ©couvrir l'exposition exceptionnelle de l'artiste de renommĂ©e internationale Mikio WatanabĂ©, artiste graveur japonais, maĂźtre de la ManiĂšre noire. L’exposition prĂ©sentĂ©e au Vieux phare de Penmarc’h met Ă  l’honneur son Ɠuvre gravĂ© et ses photographies.[...]Du 02 Juillet 2022 Ă  1030 au 02 Octobre 2022 Ă  1800 Manu Moser ou le don d’ubiquitĂ© Si quelqu’un a trouvĂ© le secret de l’ubiquitĂ© ce doit ĂȘtre Emmanuel Moser. Directeur artistique de La Plage des Six Pompes – voir article d’hier – et du Centre de CompĂ©tences et de CrĂ©ation HelvĂ©tique des Arts de la Rue – CCHAR -, sa base se trouve Ă  La Chaux-de-Fonds. Toutefois, ses multiples obligations l’obligent Ă  parcourir l’Europe et d’autres parties du monde. Bien qu’il soit dans une pĂ©riode particuliĂšrement intense, j’arrive quand mĂȘme Ă  le rencontrer Ă  une terrasse du centre-ville, Ă  l’heure du dĂ©jeuner, ou du petit-dĂ©jeuner comme disent nos amis français. Cela me confirme son talent pour le dĂ©doublement. Metteur en scĂšne et comĂ©dien, Emmanuel Moser – dit Manu – est une figure majeure des arts de la rue en Suisse, mais Ă©galement en France et dans les nombreux pays francophones qu’il sillonne depuis 20 ans avec la compagnie Les Batteurs de PavĂ©s qui adapte pour la rue de grands textes classiques Hamlet, Macadam Cyrano, Les Trois Mousquetaires, Germinal, Richard III
 Il est aussi co-fondateur de la FARS, initiateur du label Swiss Mad, de la bourse d’écriture pour les arts de la rue Ă  la SSA, formateur AFDAS en France 
 J’arrĂȘterai lĂ  cette Ă©numĂ©ration pour ne pas transformer cette page en l’armoire de rangement de ses nombreuses casquettes. Dans la belle quarantaine, et avec ses compĂ©tences, Manu Moser pourrait ĂȘtre directeur de théùtre dans une ville plus smart que La Tchaux, mais il prĂ©fĂšre l’air frais de la montagne Ă  l’odeur des planches depuis trop longtemps sĂ©parĂ©es de leur arbre. Le Théùtre FrenesĂ­ fusionne la commedia dell’arte, le spectacle de rue, l’acrobatie, le clown, l’art lyrique, la musique classique ou ethnique. Emmanuel Moser l’interview Pourquoi es-tu restĂ© Ă  La Chaux-de-Fonds aprĂšs ton passage par le Conservatoire de Lausanne, plutĂŽt que de tenter GenĂšve ou Paris comme la plupart des personnes qui, dans les annĂ©es 1990, souhaitaient s’adonner au théùtre ? Il me semblait que c’était plus simple de faire les choses ici, plutĂŽt qu’à Lausanne. Il y avait moins besoin de lutter. Je suis nĂ© ici, j’avais dĂ©jĂ  un rĂ©seau. Je n’avais pas besoin de faire semblant d’ĂȘtre copain avec des directeurs de théùtre pour rĂ©ussir Ă  La Tchaux. Ici, soit tu fais un bon projet et tu es aidĂ©, soit ton projet n’est pas bon et on te le dit. Tu n’es pas obligĂ© de serrer des pinces, de traĂźner dans des théùtres tous les soirs
 Il n’y a pas le jeu de m’as-tu vu qui se pratique ailleurs, d’autant que La Chaux-de-Fonds est trĂšs ouverte. Dans les annĂ©es 90, dans les villes suisses, ils ne voulaient rien savoir du théùtre de rue, et Ă  GenĂšve c’était compliquĂ© parce qu’on n’existait pas. Tout le monde s’en foutait du théùtre de rue puisqu’ils avaient dĂ©jĂ  de trĂšs grosses structures. A La Tchaux, il y a une ouverture d’esprit que l’on ne rencontre pas ailleurs tout en Ă©tant des teigneux ! Des rĂąleurs ! Or, j’ai toujours aimĂ© ce paradoxe. Il y a une quinzaine d’annĂ©es un pote m’a dit Si toute l’énergie investie Ă  La Chaux-de-Fonds tu l’avais mise Ă  Lausanne, tu serais dĂ©jĂ  directeur de théùtre ». J’ai rĂ©pondu Mais j’ai plus qu’un théùtre, j’ai toute une ville ! » Il y a toujours ce truc oĂč tu DOIS grimper les Ă©chelons parce que tu as forcĂ©ment » envie de devenir directeur. Or, cela ne m’intĂ©ressait pas. Moi, j’avais envie de mener un projet qui est la Plage de Six Pompes, ce festival que j’ai vu naĂźtre, qui m’a toujours touchĂ©, et dont j’ai pris la direction et la coordination dĂšs sa 6Ăšme Ă©dition en 2000. Cet Ă©vĂšnement m’attirait parce qu’il y avait un vrai boulot Ă  faire. Être directeur de théùtre n’a jamais Ă©tĂ© une prioritĂ©. – A prĂ©sent, l’opinion gĂ©nĂ©rale sur le fait de tenter une carriĂšre théùtrale Ă  La Chaux-de-Fonds a-t-elle changĂ© ? Oh oui ! Et c’est trĂšs drĂŽle. En ce moment beaucoup de compagnies de théùtre de rue s’installent ici. De plus en plus de gens viennent pour se rapprocher de la crĂ©ation du CCHAR, qui a fait son ouverture officielle le 8 juin, et qui est un projet d’envergure nationale. De surcroĂźt, avec La Plage des Six Pompes, qui a une stature internationale, il y a une vraie reconnaissance culturelle de La Chaux-de-Fonds, surtout en ce qui concerne les arts de la rue. Tout le monde se fout de savoir si la ville est grande ou petite. Les vraies questions sont Est-ce que le public est lĂ  ? Est-ce que les programmateurs vont venir ? Est-ce qu’il y a des bonnes compagnies qui sont venues ? Or c’est le cas Ă  La Plage. Depuis quelques temps les compagnies se battent pour venir jouer chez nous sans autre gain que celui du chapeau. J’en suis le premier Ă©tonnĂ©. J’en viens Ă  me faire engueuler au tĂ©lĂ©phone parce que je suis obligĂ© de refuser des spectacles. – Est-ce important, pour une compagnie de théùtre de rue, de pouvoir inscrire dans son Curriculum “La Plage des Six Pompes” ? Oui, en effet. A prĂ©sent, si l’on s’adonne aux arts de la rue, c’est important d’ĂȘtre programmĂ© Ă  La Plage. Nous sommes sollicitĂ©s par des compagnies de partout africaines, asiatiques, des États-Unis
 Nous ne sommes pas dans le premier grand cercle qui compte quatre ou cinq festivals, mais nous sommes trĂšs prĂšs de ce cercle-lĂ . Nous faisons partie des festivals dans lesquels, si t’es passĂ©, t’as une super carte de visite. Certains organisateurs d’évĂšnements de rue viennent, chaque annĂ©e, regarder notre programmation. Si une compagnie est passĂ©e chez nous, ils la prennent pour leur manifestation. Quand tu hĂ©sites sur une compagnie, tu vas voir oĂč ils ont jouĂ©, puis tu tĂ©lĂ©phones aux copains, et tu leur demandes. Ma rĂ©fĂ©rence, par exemple, c’est Mulhouse. Leur programmation est excellente. Je prends les yeux fermĂ©s une compagnie passĂ©e chez eux. – Un bĂ©mol ? Nous sommes parvenus Ă  donner Ă  La Chaux-de-Fonds un label de qualitĂ©. Mais c’est aussi un danger parce que nous recevons tellement de propositions d’excellente facture qu’en dĂ©finitive la sĂ©lection devient plus dure, plus compliquĂ©e. Je suis obligĂ© de refuser des bonnes compagnies ce qui est toujours fastidieux. Mais c’est le prix Ă  payer pour cette rĂ©alitĂ© nous sommes devenus l’un des festivals de la francophonie oĂč il faut passer. Il y en a plusieurs en France, un en Belgique, un au QuĂ©bec et un en Suisse, or en Suisse c’est nous. Plage des Six Pompes du samedi 30 juillet au samedi 6 aoĂ»t Cette annĂ©e, le Festival de La Plage des Six Pompes aura lieu du samedi 30 juillet au samedi 6 aoĂ»t. Elle prendra cependant 24 heures de pause le lundi 1er aoĂ»t afin de laisser la place aux festivitĂ©s de la fĂȘte nationale. AccĂ©dez au programme complet du festival en cliquant ici. Pour lire la premiĂšre partie de cet article cliquez ici. DĂ©couvrez comment Emmanuel Moser en est arrivĂ© Ă  jouer dans la rue, alors qu’il n’était qu’un jeune adolescent, en cliquant sur cette phrase. Article paru dans le journal Le Ô Emmanuel Moser a transformĂ© la ville de La Chaux-de-Fonds en l’un des berceau des arts de la rue. S’il en Ă©prouve de la satisfaction, aucun doute, c’est lĂ©gitime. CrĂ©dit photo Guillaume Perret. 
et l’un des plus importants de la francophonie Ce week-end, Ă  La Chaux-de-Fonds, dĂ©butera La Plage des Six Pompes Festival International des Arts de la Rue. Avec plus de 50 compagnies professionnelles invitĂ©es, et plus de 200 reprĂ©sentations rĂ©parties sur la semaine c’est, en Suisse, le plus important Ă©vĂšnement de spectacles de rue et l’un des plus renommĂ©s de la francophonie. AprĂšs deux ans de Covid, c’est-Ă -dire d’absence ou de petits arrangements, l’excitation est Ă  son comble. A mille mĂštres l’on trĂ©pigne dans l’attente de ce moment de culture et de fĂȘte, en espĂ©rant que le public sera joyeux et le soleil doux du samedi 30 juillet au samedi 6 aoĂ»t. Une journĂ©e de pause est agendĂ©e le lundi 1er aoĂ»t. Venues des quatre coins d’HelvĂ©tie mais aussi de France, de Belgique, d’Italie, de Nouvelle-ZĂ©lande ou de Catalogne, pendant sept jours l’on pourra voir soixante-quatre compagnies s’adressant parfois aux enfants, parfois aux adultes, et souvent aux grands enfants. Et, au cas oĂč cela ne suffirait pas Ă  combler l’appĂ©tit des spectateurs, tous les soirs il y aura les afters organisĂ©s par la salle de concerts Bikini Test. Le menu de ce festival ressemblant Ă  un festin royal, extrĂȘmement Ă©clectique et savoureux, je ne prĂ©senterai pas les spectacles. Cependant, je vous invite Ă  vous mettre en appĂ©tit Ă  en cliquant ici, un lien qui vous conduira directement au programme. Vous aurez le choix entre clowns, marionnettes, silent-party, cabaret, musique, sculptures de lumiĂšres, danse, improvisation, théùtre poĂ©tique, jeunesse, surrĂ©aliste, burlesque ou engagĂ© palette non-exhaustive Ă  ne plus savoir oĂč donner des yeux et du cƓur. Des petits bars, des food-trucks et des stands aux cuisines variĂ©es permettront aux festivaliers de se dĂ©saltĂ©rer et de se restaurer Ă  tout moment. Autrement dit, on peut monter Ă  La Chaux-de-Fonds sur un coup de tĂȘte, les mains dans les poches, le temps de voir une sĂ©rie de spectacles l’aprĂšs-midi ou le soir. On trouve de tout sur place. Yldor Llach fera des prouesses acrobatiques avec sa petite reine. Spectacles au chapeau La Plage des Six Pompes est nĂ©e en 1993, sous l’impulsion de Chaux-de-fonniers impliquĂ©s dans la culture. Leur souhait offrir une animation culturelle et gratuite durant l’étĂ©, Ă  l’attention des habitants de la ville qui n’ont pas la possibilitĂ© de partir en vacances, soit amener la plage Ă  celles et ceux qui ne peuvent s’y rendre ». En effet Ă  l’époque, durant les vacances horlogĂšres, la ville passait de 38’000 Ă  11’000 habitants. De surcroĂźt, les commerces fermaient ou rĂ©duisaient leurs horaires. Les gens qui ne pouvaient envisager des vacances se sentaient abandonnĂ©s dans un grand no man’s land totalement assoupi. Ce pourquoi, selon une tradition qui se maintient annĂ©e aprĂšs annĂ©e, les artistes invitĂ©s Ă  La Plage comme on l’appelle familiĂšrement sont uniquement rĂ©munĂ©rĂ©s au chapeau. L’accĂšs Ă  tous les spectacles est libre pas de billetterie. Le seul “cachet” perçu par les artistes c’est ce qui tombe dans le chapeau Ă  la fin des reprĂ©sentations. Ce systĂšme permet Ă  chaque spectateur de fixer le montant qu’il souhaite ou qu’il peut attribuer. Ainsi, au moment oĂč le chapeau passe, il ne faut pas perdre de vue que que ces personnes qui ont donnĂ© de leur Ăąme pour vous divertir, vivent de leur art comme le mĂ©decin ou le garagiste du leur, et que personne n’a jamais envie de sucer des cailloux avant de s’endormir sous un pont. Cet Ă©vĂšnement local qui, au dĂ©but, fut appelĂ© La Plage du MarchĂ© pour ensuite devenir l’international Plage des Six Pompes, a beaucoup grandi en -presque- trente ans. En 2015, le festival a rĂ©uni environ 100 000 spectateurs sur les sept jours et engagĂ© prĂšs de 450 collaborateurs bĂ©nĂ©voles. Demain je donnerai la parole Ă  son directeur Emmanuel Moser. Dis Bonjour Ă  la Dame – DBD se nourrit d’influences artistiques telles que le théùtre, le clown, les arts de la rue et la magie nouvelle. Sources – Emmanuel Moser, directeur artistique – Site de La Plage des Six Pompes – Wikipedia Le Gore des Alpes 13 romans, 1 BD et 1 recueil collectif Cette collection est un hommage Ă  la littĂ©rature pulp des ’50s. Ce sont des rĂ©fĂ©rences Ă  la culture populaire, aux monstres du passĂ© et Ă  ceux, plus vicieux encore, d’aujourd’hui. C’est de l’horreur, du macabre, du funeste. SorciĂšres et animaux anthropophages, mafieux toxicomanes et fascistes cannibales, clergĂ© dĂ©cadent et cadavres revenus du royaume des morts. C’est un sabbat au milieu d’une clairiĂšre, un carnotzet aux parfums de l’enfer, des hurlements lugubres dans les tĂ©nĂšbres. Ces rĂ©cits s’adressent Ă  un public averti qui cherche Ă  se divertir tout en apprenant deux ou trois choses sur l’ñme humaine, l’Histoire ou les mythes de nos rĂ©gions. Le Gore des Alpes c’est l’opposĂ©, en trĂšs exagĂ©rĂ©, de la vision idyllique que les touristes se font de la Suisse et de la montagne. Jusqu’à prĂ©sent cette collection a publiĂ© 15 numĂ©ros dont un roman graphique et un collectif. Les auteurs CV longs comme des bras tranchĂ©s Hier, nous avons rencontrĂ© le directeur de collection Philippe Battaglia. La pointe acĂ©rĂ©e de sa plume a Ă©galement griffĂ© deux ouvrages du Gore des Alpes La robe de bĂ©ton et La fĂȘte de la vicieuse. Aujourd’hui, je vous propose de faire la connaissance de quelques auteur-e-s et de leurs livres. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils affichent tous et toutes de sĂ©rieux curriculum vitĂŠ. A l’évidence, ce ne sont ni des paumĂ©s ni des petits rigolos. Gabriel Bender Les folles de Morzine Le livre Sociologue et historien Gabriel Bender, l’universitaire qui considĂšre que de nos jours l’humain est un Celte avec un smartphone, s’est penchĂ© sur une vĂ©ritable histoire qui a eu lieu dans un village de Haute-Savoie au 19Ăšme siĂšcle. Pendant environ treize ans, de 1857 Ă  1870, plusieurs dizaines de femmes de Morzine furent prises de convulsions, d’hallucinations, de crises de somnambulisme. Elles se disaient possĂ©dĂ©es par des diables. Malice ou malĂ©fice ? Femmes malades ou rĂ©volte fĂ©ministe ? Gabriel Bender rĂ©sout l’énigme avec la prudence de l’historien des Alpes et la hauteur de vue d’un sociologue alpestre. Bio Originaire de Fully, Gabriel Bender est nĂ© en 1962. D’abord travailleur social, il obtient en 1993 une licence en sociologie, puis en 1996, un diplĂŽme d’études supĂ©rieures en histoire Ă©conomique et sociale. Aujourd’hui, il est professeur et chargĂ© de recherche Ă  la HETS – Haute École de Travail Social. AprĂšs la publications de plusieurs ouvrages consacrĂ©s aux sciences sociales, comme Politiques culturelles en Valais ou Fioul Sentimental, Gabriel Bender s’est Ă©clatĂ© Ă  Ă©crire du gore. C’est d’ailleurs lui qui a eu l’honneur d’inaugurer cette collection avec La Chienne du Tzain-Bernard qui rend hommage aux premiĂšres Ɠuvres de la littĂ©rature gothique trash. StĂ©phanie Glassey L’Éventreuse Le livre spĂ©cialiste de la littĂ©rature du 17Ăšme siĂšcle, StĂ©phanie Glassey nous emmĂšne dans le vĂ©cu le plus sordide des femmes. Le rĂ©cit s’écrit sous les clochers des villages d’autrefois, bien-pensants et malfaisants, oĂč le sexe prĂ©tendu faible Ă©tait victime de la violence de l’hypocrisie et de la religion. L’auteure nous ouvre une lucarne sur une faiseuse d’anges que le destin condamne Ă  devenir Ă©ventreuse. Impuissant, le lectorat assiste aux horreurs des avortements Ă  la dure, avec aiguilles Ă  tricoter, cuillĂšres et coups de poings, au destin des fƓtus, aux abus subis par les enfants placĂ©s, et Ă  la culture patriarcale pratiquĂ©e dans le secret et l’oppression. StĂ©phanie Glassey ne nous Ă©pargne rien des souffrances du viol, des grossesses Ă  rĂ©pĂ©titions, de l’accouchement et surtout de celles des fausses couches provoquĂ©es ou pas. Un monde oĂč les femmes ne sont que des objets corvĂ©ables, des outres Ă  soulager les instincts les immondes de certains mĂąles – peut-on encore les appeler des hommes ? Une Ă©poque pas si lointaine oĂč l’on accuse de sorcellerie celles qui apportent de l’aide Ă  leurs pairs. Dans cet odieux obscurantisme, contre toute attente, c’est par le dĂ©mon et ses suppĂŽts que le Bien arrive. L’Éventreuse est un roman d’une violence hurlante de vĂ©ritĂ©. Entre deux saines manifestations dĂ©moniaques il nous rappelle pourquoi, nous les femmes, nous sommes battues pour obtenir le droit Ă  la contraception et Ă  l’avortement. Bio NĂ©e en 1988 et domiciliĂ©e Ă  Nendaz, StĂ©phanie Glassey exerce les mĂ©tiers de thĂ©rapeute et d’enseignante. En 2008, elle entre Ă  l’UniversitĂ© de Fribourg oĂč elle Ă©tudie les Lettres et se consacre essentiellement Ă  la littĂ©rature du 17Ăšme siĂšcle. En 2013, elle obtient son Master en français. Confidences assassines est son premier roman paru en 2019, L’Éventreuse en 2020 et la La DerniĂšre danse des lucioles en 2021. Son projet actuel, Enfances assassinĂ©es, est au bĂ©nĂ©fice d’une bourse de la culture de l’État du Valais. Extrait de L’Éventreuse de StĂ©phanie Glassey. François Maret VenZeance Le livre le dessinateur signe l’unique bande dessinĂ©e du Gore des Alpes. Une expĂ©rience qu’il faudrait renouveler. VenZeance est un roman graphique, accouplement farouche et sanglant entre un road movie post-apocalyptique et une errance burlesque pour la survie. Une toxine a transformĂ© les joyeux convives du Gala du FC Sion en zombies dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©s. La horde sous contrĂŽle va dĂ©ferler sur le Valais. Heureusement l’armĂ©e suisse veille
 Bio NĂ© en 1961, François Maret est un dessinateur et scĂ©nariste de bande dessinĂ©e, illustrateur et enseignant. Instituteur, il a travaillĂ© pendant dix ans dans les Ă©coles primaires. Ayant obtenu le diplĂŽme d’enseignement du dessin, il devient professeur des Arts Visuels et de l’Histoire de l’Art au lycĂ©e-collĂšge cantonal de la Planta. De 1989 Ă  1992, il a Ă©tĂ© responsable des graphismes et des illustrations pour des livres scolaires d’histoire, de gĂ©ographie et de sciences naturelles. Il a Ă©galement travaillĂ© comme dessinateur pour la presse suisse Femina, La LibertĂ©, Le Courrier, Le Quotidien Jurassien. Il a publiĂ© Eden, trois tomes de science-fiction humoristique aux Éditions Paquet, en 2008. Il partage son temps entre le dessin de presse, l’enseignement, et la BD. Louise Anne Bouchard Delirium Le livre L’écrivaine helvĂ©tico-canadienne signe ici son 18Ăšme ouvrage oĂč l’on dĂ©couvre les aventures de JĂ©rĂŽme, un homme qui boit trop, baise trop, et s’est fait renvoyer de son travail. Il dĂ©cide de se refaire une santĂ© en Valais, mais lĂ  encore, il baise et boit trop. Pompon dans ses dĂ©lires, on l’enlĂšve et on le malmĂšne. Une sĂ©questration ou se multiplient les sĂ©vices pour l’empĂȘcher de toucher Ă  la lĂ©gende du Dolly Pop, la mystĂ©rieuse disparition de huit beautĂ©s qui gagnaient leur vie en vendant leurs charmes et parfois leurs petites culottes. Bio GrĂące Ă  ce livre et Ă  ses prĂ©cĂ©dents ouvrages noirs, Louise Anne Bouchard fait partie des 25 autrices du monde entier Ă  ĂȘtre invitĂ©e dix jours durant au Festival International du Roman Noir FIRN. Ce projet est cofinancĂ© par Pro Helvetia. Louise Anne Bouchard a commencĂ© Ă  Ă©crire Ă  l’ñge de douze ans. D’abord photographe de formation pendant trois ans, elle est photographe de mode free-lance, elle poursuivit des Ă©tudes en LittĂ©rature Ă  l’UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă  MontrĂ©al. Sa rencontre avec son professeur de LittĂ©rature ÉtrangĂšre, Eva Le Grand, est l’une des plus Ă©blouissantes de ses dĂ©buts d’écrivain. Elle a reçu deux prix littĂ©raires dont un canadien. Jean-François Fournier Les dĂ©mons du pierrier Le livre Un curĂ© voit, avec rage, la modernitĂ© arriver dans son petit village. Pour maintenir les villageois sous le pouvoir de l’église, il n’hĂ©sitera pas Ă  pousser au crime les deux hommes les plus riches de la rĂ©gion, dont l’ampleur de la perversitĂ© assoit les dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s de DĂ©livrance sur le banc des enfants de chƓur. La situation va Ă©videmment lui Ă©chapper et devenir un vĂ©ritable enfer. Un hommage Ă©mĂ©tique Ă  Necrorian, l’auteur culte de la littĂ©rature gore, et Ă  son mythique Blood-Sex ! Bio L’écrivain et critique littĂ©raire Jean-Michel Olivier n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  affirmer, dans sa prĂ©sentation des DĂ©mons du pierrier, que Jean-François Fournier mĂ©riterait l’une des premiĂšres places parmi les Ă©crivains suisses. NĂ© le 12 janvier 1966 Ă  Saint-Maurice, Jean-François Fournier est journaliste et Ă©crivain. Il Ă©tait rĂ©dacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste, jusqu’en octobre 2013. Il a dirigĂ© ensuite la mythique Revue Automobile, le plus vieux journal europĂ©en traitant des quatre roues. Puis il a administrĂ© le Théùtre du Baladin et officiĂ© comme DĂ©lĂ©guĂ© culturel de la commune de SaviĂšse. Premier Prix de poĂ©sie de l’Association valaisanne des Ă©crivains en 1983, il reçoit en 1988 le Prix de journalisme du Conseil de l’Europe et, en 1998, le canton du Valais lui dĂ©cerne le Prix d’encouragement pour l’ensemble de sa production littĂ©raire. Extrait des DĂ©mons du pierrier de Fournier. Collectif Ça sent le sapin Livre Un ouvrage collectif rassemblant treize aventures macabres. Un NoĂ«l pas piquĂ© des vers oĂč l’on cueille, sous le sapin, des champignons parasites, des occultistes nazis, des extraterrestres vicieux, des lutins esclavagistes, des morts-vivants, des cannibales, des sociopathes, des psychopathes, des mille-pattes et du pĂątĂ© en croĂ»te. Les auteurs Philippe Battaglia, Gabriel Bender, Louise Anne Bouchard, Nicolas Feuz, Jean-François Fournier, Jordi Gabioud, StĂ©phanie Glassey, JoĂ«l Jenzer, François Maret, Nicolas MilliĂ©, Olive, Dita von Spott & Vincho. Sources – Site Le Gore des Alpes – ViceVersa littĂ©rature – Le village suisse du livre – Babelio – Wikipedia Le Gore des Alpes un inconvenant dĂ©lice Monstres humains ou fantastiques, dĂ©mons, adorateurs de Satan, tortures, possessions, sexe, Nazis, mĂ©decins sadiques, sorcellerie, zombies, vengeances
 – la liste n’est pas exhaustive – la collection de petits livres trash, nĂ©e en Valais et sobrement intitulĂ©e Gore des Alpes, ne nous Ă©pargne aucune fantaisie extrĂȘme et sanglante. Tout cela sans nous sortir de nos beaux paysages de cartes postales. Sans que les auteur-e-s et les personnalitĂ©s suisses les plus en vue ne rechignent Ă  se lancer dans le jubilatoire mais pĂ©rilleux exercice d’une Ă©criture violente et excessive. Imaginez le spectre d’une espĂšce de Quentin Tarantino dĂ©jantĂ© possĂ©dant les Ă©crivain-e-s et dessinateurs de notre belle HelvĂ©tie, et vous serez encore loin du compte. Parmi les personnes de plume qui ont succombĂ© au charme de la terreur et de l’hĂ©moglobine, l’on trouve le sociologue et historien Gabriel Bender, les journalistes JoĂ«l Jenzer et Jean-François Fournier, l’écrivaine Louise Anne Bouchard ou le talentueux artiste peintre et illustrateur Ludovic Chappex qui signe toutes les couvertures. Olivia Gerig, autrice de L’Ogre du SalĂšve dont tout le monde se souvient et de la trilogie Le Mage Noir, s’est Ă©galement laissĂ© ensorceler. C’est ce printemps que l’on lira sa prose la plus hard ! Évidemment, cet esprit n’a pu s’empĂȘcher d’envoĂ»ter Nicolas Feuz qui, depuis des annĂ©es dĂ©ploie l’ombre de ses immenses ailes sur l’ensemble de la littĂ©rature romande. Sont-ce celles d’un ange gardien qui protĂšge les lettres et ses humbles serviteurs, ou celles d’un fĂ©roce vampire suceur d’encre et de sang ? Toutes les rumeurs circulent. Toutes les hypothĂšses semblent possibles. Seul Chronos, dieu issu du nĂ©ant selon certaines traditions, nous rĂ©vĂšlera peut-ĂȘtre un jour la vĂ©ritable substance de ce que sĂšme, entre les lignes, ce procureur devenu un incontournable de tout ce que l’édition locale produit depuis deux lustres. En attendant ce Jugement Dernier, les milliers de lecteurs qu’il dĂ©lecte se rĂ©galent notamment du Verdict de la Truite. A noter pourtant que cette collection, terriblement sombre, saupoudrĂ©e d’une touche de grotesque, se rĂ©fĂšre souvent Ă  l’Histoire avec un grand H. Dans ma publication de demain, je prĂ©senterai quelques-unes de ces publications ainsi que leurs auteur-e-s. Philippe Battaglia l’homme aux multiples casquettes Philippe Battaglia, c’est le genre d’irrĂ©vĂ©rencieux monsieur suffisamment hyperactif et bien intĂ©grĂ© dans la sociĂ©tĂ© pour qu’à l’instar d’un certain procureur, on le trouve partout. Je suis d’ailleurs surprise de ne pas encore l’avoir rencontrĂ© dans ma paella entre cinq grains de riz, quatre lamelles de poivron, deux moules, une crevette et une cuisse de poulet. Je vous invite Ă  lire sa biographie au bas de l’article. Elle est aussi divertissante et dense en rebondissements que cette sĂ©rie de livres Ă  laquelle il participe, entre autres, comme directeur de collection. – Comment vous est venue l’idĂ©e de vous lancer dans cette aventure ? Avant toute chose, je dois prĂ©ciser que je suis une piĂšce rapportĂ©e, mĂȘme si j’ai aujourd’hui plusieurs casquettes au sein du collectif, puisque j’y suis Ă©diteur, directeur de la collection et auteur. Au commencement Ă©taient trois hommes comme pour la crĂ©ation de la Suisse, mais n’y voyez aucun lien de cause Ă  effet qui sont ensuite venus en chercher deux autres dont moi. Le Gore des Alpes est donc une maison d’édition et une collection du mĂȘme nom, le tout gĂ©rĂ© par cinq individus peu recommandables. L’idĂ©e est venue peu aprĂšs les votations sur les Jeux Olympiques en Valais, une campagne extrĂȘmement clivante durant laquelle le canton a Ă©tĂ© peint dans tout ce qu’il a de plus merveilleux. Une vraie carte postale. Les trois fondateurs se sont alors dit que non, la Valais, ce n’est pas que ça. Ce sont aussi des drames, des secrets, des catastrophes naturelles, une part d’obscurantisme liĂ© Ă  la tradition religieuse, bref, un terrain fertile pour qui veut s’amuser avec la part d’ombre des choses. Cela Ă©tant dit, nous souhaitons aujourd’hui sortir des limites valaisannes, tant avec nos histoires qu’avec nos auteurs et autrices. AprĂšs tout, il y a des aussi des Alpes en France et en Italie, par exemple. Nous choisissons nos textes avec soin. Il y a des plumes que nous allons chercher car nous apprĂ©cions leur style ou leur force et d’autres qui viennent Ă  nous. Il nous arrive malheureusement frĂ©quemment de refuser des manuscrits parce qu’ils ne correspondent pas Ă  l’esprit que nous souhaitons donner Ă  la collection. Il y a, c’est vrai, plus d’hommes que de femmes parmi notre collectif. Je ne saurais donner d’arguments valables Ă  cet Ă©tat de fait car nous faisons pourtant notre possible pour trouver des autrices. D’aprĂšs les discussions que j’ai pu avoir avec certaines d’entre elles, il ressort qu’il y a une forme d’illĂ©gitimitĂ© Ă  Ă©crire du gore ou de l’horreur, comme si elles ne s’y sentaient pas Ă  leur place. Je le dĂ©plore. – Pourquoi vous risquer dans du gore Ă  une Ă©poque oĂč tout semble conduire vers l’aseptisĂ© politiquement correct ? Nous allons justement Ă  contre-courant car il y a chez nous un gros ras le bol du politiquement correct. Beaucoup d’artistes vous le diront, crĂ©er aujourd’hui, c’est danser sur une corde trĂšs fine. Le gore et le trash ont ceci qu’ils peuvent nous permettre toutes les exubĂ©rances, toutes les fantaisies. C’est trĂšs jouissif. Pour autant, cela n’est pas totalement gratuit. Dans la grande majoritĂ© de nos textes, il y a des thĂ©matiques, des sous-textes historiques ou sociaux. Ce que je dis toujours Ă  nos auteurs / trices, c’est que l’histoire doit fonctionner sans le gore. Si l’histoire est bonne ainsi, alors il est possible de rajouter quelques tartines de gore pour que la sauce prenne. Éveiller des colĂšres, ma foi, c’est toujours le risque quand on s’expose publiquement. Pour ma part, j’y suis habituĂ©. J’écris des livres et des chroniques pour la presse et la radio. Il faut bien ĂȘtre conscient qu’on ne sait jamais par qui on va ĂȘtre lu et donc comment nos mots seront perçus ou interprĂ©tĂ©s. Pour autant, j’estime n’ĂȘtre responsable que de ce que je dis, pas de la maniĂšre dont ce que je dis sera compris. C’est pourquoi nous ne faisons aucune censure. Ce que nous jugeons, ce sont les intentions de l’auteur, sa sincĂ©ritĂ©. Il nous est arrivĂ© de demander Ă  des auteurs de supprimer ou de modifier un passage. Pas parce que c’était trop choquant mais parce que c’était gratuit et que ça n’apportait rien au rĂ©cit. Ce ne sont d’ailleurs pas forcĂ©ment les scĂšnes les plus trash que nous faisons modifier. – Le cahier des charges demande aux auteurs d’écrire des histoires gores qui se passent Ă  la montagne. Ne craignez-vous pas de lasser votre lectorat avec toutes ces montagnes qui d’ailleurs sont souvent les Alpes ? Le gore et la montagne, nous ne pouvons pas y couper, tout est dans le titre de la collection. Mais il y a mille et une maniĂšres de raconter et de dĂ©crire cet environnement. Certains de nos rĂ©cits se dĂ©roulent au passĂ©, d’autres au prĂ©sent, d’autres encore dans un dĂ©cor futuriste. Certains s’ancrent dans le fantastique alors que d’autres sont rĂ©solument terre Ă  terre et donc d’autant plus frontaux. Je pense que nous pourrions sortir trois cents volumes sans en avoir fait le tour. – L’un de vos ex-lecteurs, un homme d’ñge moyen ayant lu vos premiĂšres parutions, m’a assĂ©nĂ© qu’il n’en lirait pas davantage parce que cette collection est trop sexiste. Qu’avez-vous Ă  rĂ©pondre Ă  cela ? Je suis entiĂšrement d’accord avec ce lecteur. Nos textes sont souvent sexistes mais pas seulement. Il est possible d’y voir du racisme, de l’homophobie et tout autre attitude problĂ©matique. La raison en est simple, nous parlons de la rĂ©alitĂ©, surtout de son cĂŽtĂ© le moins Ă©lĂ©gant. Il est donc tout Ă  fait normal que ces comportements y aient leur place. Bien entendu nous n’en faisons aucunement l’apologie, au contraire. A travers ces textes, nous pointons du doigt ces dysfonctionnements. Mais quand une histoire se dĂ©roule dans le Valais d’il y a deux siĂšcles, comment voulez-vous Ă©viter de montrer le sexisme et les autres oppressions. C’est impossible. Quand on pense que ces problĂšmes ne sont pas encore rĂ©solus aujourd’hui
 Cela Ă©tant dit, le Gore des Alpes s’adresse Ă  un public averti. Je comprends tout Ă  fait que cela ne puisse pas plaire Ă  tout le monde. Ce n’est de toute maniĂšre pas notre but. J’ai travaillĂ© de nombreuses annĂ©es comme programmateur pour un festival de cinĂ©ma de genre Ă  2300 Plan 9 Les Étranges Nuits du CinĂ©ma et devant certains films, il est arrivĂ© que des membres du public nous fassent ce genre de remarques. A un certain point, quand vous allez dans un festival de film d’horreur ou que vous achetez un Gore des Alpes, je pense que vous savez un peu oĂč vous mettez les pieds. Je ne dis pas que nous sommes sans reproche, je dis voilĂ  ce que nous faisons. Nous avons le droit de le faire, vous avez le droit de ne pas aimer, nous avons le droit de nous en foutre. Mais c’est une trĂšs vaste question qui soulĂšve Ă©normĂ©ment de dĂ©bats en ce moment, que ce soit dans le monde de la littĂ©rature, du cinĂ©ma ou mĂȘme de l’humour et je crains que nous ne puissions en faire le tour ici. – En ce qui concerne le lectorat et le nombre de ventes avez-vous atteint vos objectifs ? Nous sommes trĂšs satisfaits. Nous croyions un peu, au dĂ©but, de nous enfermer dans un marchĂ© de niche. Mais nous avons vite constatĂ©, Ă  travers nos dĂ©dicaces, lectures et rencontres, que notre lectorat est bien plus large que les seuls amateurs d’horreur. Je pense que c’est dĂ» Ă  notre attachement au local, tant par nos histoires que nos auteurs. Pour ne donner qu’un seul chiffre, tous livres confondus, nous arrivons bientĂŽt Ă  10’000 exemplaires vendus. Ce qui, compte tenu de la situation gĂ©nĂ©rale et de ce que nous proposons en particulier, est un chiffre honorable. Nous publions une moyenne de 6 livres par an, par tranche de 3 par semestre. Nous souhaitons dans la mesure du possible poursuivre cette moyenne mais cela dĂ©pendra bien entendu des manuscrits que nous recevrons. Nous privilĂ©gierons Ă©videmment la qualitĂ© Ă  la quantitĂ©. Nos livres sont disponibles en Suisse dans toutes les librairies et il est Ă©galement possible de les commander par e-mail directement sur notre site Nous n’avons pas encore de distributeur en France mais nous y travaillons car nous recevons de plus en plus de commandes d’autres pays francophones. – A quel personnage littĂ©raire vous identifieriez-vous ? Il m’est absolument impossible de rĂ©pondre Ă  cette question, ils sont bien trop nombreux /euses. Philippe Battaglia, directeur de collection du Gore des Alpes. Philippe Battaglia la biographie De maniĂšre plus gĂ©nĂ©rale, Philippe Battaglia a Ă©tĂ© dans le dĂ©sordre enfant turbulent, adolescent bordĂ©lique, Ă©tudiant peu assidu, punk de salon, cuisinier dans un institut psychiatrique, vide-poubelle dans une banque, archiviste dans une abbaye, directeur d’une collection littĂ©raire, employĂ© de commerce Ă©quitable dans un hĂŽpital, vidĂ©aste amateur mais primĂ©, PrĂ©sident du Kremlin, programmateur pour un festival de films d’horreur, donneur de leçons Ă  l’Union Suisse des Professionnels de l’Immobilier, vendeur en multimĂ©dia, chroniqueur presse & radio, critique cinĂ©ma improvisĂ©, caissier dans un centre commercial, courtier en immeuble, animateur radio, blogueur, Ă©crivain, bĂ©dĂ©iste dans un magazine informatique ayant fait faillite juste aprĂšs sa premiĂšre publication et essaye encore aujourd’hui avec beaucoup d’application de devenir un ĂȘtre humain Ă  peu prĂšs convenable. Jusqu’à prĂ©sent Le Gore des Alpes compte ces auteur-e-s Philippe Battaglia, Gabriel Bender, Louise Anne Bouchard, Ludovic Chappex, Nicolas Feuz, Jean-François Fournier, Jordi Gabioud, StĂ©phanie Glassey, JoĂ«l Jenzer, François Maret, Nicolas MillĂ© et Olive. J’attends avec impatience de connaĂźtre les plumes qui suivront, surtout si elles sont fĂ©minines. Aventure et bande dessinĂ©es mais pas uniquement Connues depuis 2009 pour leurs bandes dessinĂ©es, depuis que les Éditions du Roc se sont ouvertes Ă  d’autres genres elles dansent avec le succĂšs. Elles avaient notamment publiĂ© L’AventuriĂšre des Sables de Sarah Marquis, Ă  prĂ©sent Ă©puisĂ©, le fabuleux pĂ©riple retracĂ© par l’aventuriĂšre pendant son voyage de 17 mois dans les dĂ©serts australiens. Parmi leurs derniers nĂ©s, on trouve Cool, le dernier polar de Simon Vermot et A un poil trop prĂšs d’Yvan Sjöstedt, la suite du farfelu Un poil de trop. Le thriller Cool de Simon Vermot Le rĂ©sumĂ© du livre Sujet d’une manipulation diabolique qui le conduit par le bout du nez au bord de l’enfer, Pierre n’a pour arme que l’amour de sa fille. D’autres en revanche, sauront user d’un arsenal poids lourd pour parvenir Ă  leur funĂšbre objectif un horrible carnage. L’extrait Cool de Simon Vermot – Qu’est-ce qu’il t’a dit ? T’es d’une pĂąleur spectrale ! En sortant du bureau du rĂ©d’en chef, je ne m’attendais pas Ă  tomber sur Renato. Mes jambes me portent difficilement, je suis complĂštement sonnĂ©. – Il est arrivĂ© un truc Ă  Anouk
 Tu peux finir de mettre en page mon article, faut que je rentre. C’est Ă  peine si j’arrive Ă  cliquer le bout de ma ceinture une fois installĂ© dans ma voiture. Dans ma tĂȘte, c’est le grand chambardement. Pourquoi ça m’arrive Ă  moi ? Totalement bouleversĂ© parce qu’il vient d’apprendre, Marc n’a pas pris de gants. C’est pour ça qu’il m’a simplement dit – Je viens de recevoir un coup de fil. Ta fille a Ă©tĂ© kidnappĂ©e
 Je sais qu’elle traverse une pĂ©riode difficile. Ravissante mais trĂšs versatile, parfois Ă©cervelĂ©e mais dotĂ©e d’un fort caractĂšre, comme feu sa maman, Anouk se dispute souvent avec sa grand-mĂšre qui n’apprĂ©cie pas trop qu’elle sorte avec des garçons Ă  son Ăąge. Faut dire que celle-ci n’aime guĂšre les hommes, ayant virĂ© sa cuti aprĂšs un divorce tumultueux. Ceci ajoutĂ© Ă  des notes calamiteuses depuis quelques temps et mĂȘme une convocation par la direction de son Ă©cole pour avoir Ă©tĂ© surprise la main dans sa culotte en pleine classe. Certes, on a tous connu ça, dĂ©sir d’indĂ©pendance, rĂ©bellion. Qui sait vraiment ce qui se passe dans la tĂȘte des ados ? Mais son comportement a passablement changĂ©. Agressive, voire parfois mĂ©chante, elle en a fait voir de toutes les couleurs Ă  son entourage qui ne lui veut, pourtant, que du bien. Moi le premier, bien sĂ»r. MĂȘme si, tout rĂ©cemment, elle m’a tellement excĂ©dĂ©e que je lui ai balancĂ© la premiĂšre gifle de sa vie. Geste qui m’a empĂȘchĂ© de dormir pendant deux nuits entiĂšres. Je suis complĂštement perdu. Et je ne vois qu’une solution la police. Oui mais pour lui dire quoi ? Que ma fille a disparu ? Qu’elle ne s’est pas prĂ©sentĂ©e en classe ce matin ? Que mon journal a reçu un ultimatum ? Tout bien pesĂ©, ça vaut la peine d’y aller. Et il ne faut pas perdre de temps. -Quel Ăąge elle a ? -Quinze ans et 4 mois. » Simon Vermot biographie Simon Vermot est nĂ© au Locle oĂč il a fait un apprentissage de typographe. TrĂšs vite intĂ©ressĂ© par l’écriture, il devient journaliste, en intĂ©grant notamment les rĂ©dactions de l’IllustrĂ© et du journal CoopĂ©ration, avant de crĂ©er une agence de presse et publicitĂ©. Dans ce cadre, il conçoit diffĂ©rents magazines, devient rĂ©dacteur en chef de la revue vaudoise du 700e anniversaire de la ConfĂ©dĂ©ration, du Journal du Bicentenaire de la RĂ©volution vaudoise puis rĂ©dacteur pour la Suisse romande de l’organe interne d’Expo 01-02. Durant quinze ans, il dirigera le fameux almanach Le Messager Boiteux tout en collaborant Ă  divers journaux et magazines. Il est Ă©galement scĂ©nariste de BD, auteur de piĂšces radiophoniques et de chansons. Peintre Ă  ses heures, actuellement il se consacre surtout Ă  son Ɠuvre romanesque. Le dĂ©jantĂ© humoristique A un poil prĂšs Gratte-Cul Les Moineaux est un village hors du commun. DotĂ© de moins de 30 habitants, il est administrĂ© par Carpette Milborne, un maire plus attirĂ© par le bar Chez la Grosse » que par ses obligations. Il ne manque cependant pas d’idĂ©es pour valoriser sa petite commune. La derniĂšre en date
 une fĂȘte villageoise. Impatient d’amener un plus Ă  la collectivitĂ©, il s’apercevra cependant que tout n’est pas si simple. Cerise sur le gĂąteau, un coiffeur veut absolument s’installer au village, histoire de bien compliquer la donne. Le macrocosme de l’auteur nous ressemble Ă©trangement. Les relations de proximitĂ© y sont lĂ©gion. La vie de la bourgade se perpĂ©tuera dans l’esprit d’Un poil de trop oĂč Yvan Sjöstedt nous emmĂšne dans son univers loufoque et colorĂ©. Monde dans lequel se sont retrouvĂ©s plusieurs centaines de lecteurs qui apprĂ©cieront s’y replonger. Comme dans son premier roman, l’on y retrouve ce village truffĂ© de personnages singuliers. D’un humour farfelu, c’est un texte en phase avec son temps. Une Ă©poque qui manque singuliĂšrement de relations humaines. L’extrait A un poil prĂšs Des rumeurs prĂ©tendent que dans ce village, il ne se passe rien. Les fessiers vissĂ©s aux chaises du bistrot n’étaient pas prĂšs de constater que l’heure avançait quelque peu. Aucun fait ni la moindre personne ne pourrait agir sur leurs fainĂ©antises. Et ce n’était pas le soleil qui dĂ©clinait qui allait changer quoi que ce soit Ă  cette situation. – Allez bois ça Carpette ! Ça va te remettre d’aplomb aprĂšs cette folle grimpĂ©e ! dit Zylphide. – C’est vrai, aprĂšs, tu n’auras plus qu’à descendre au village, ça ira tout seul ! ajouta Pronostic. La gorgĂ©e initiale s’avĂ©ra sans doute la pire. Le goĂ»t terreux de cette horrible lavasse donna la nausĂ©e au valeureux cycliste. L’amertume dĂ©capante qui lui restait dans le palais poussa le bouchon assez loin, jusqu’à lui produire des spasmes incontrĂŽlables. Il toussa sans tout Ă  fait savoir si cet acte le conduirait au vomissement. Des morceaux de je ne sais quoi Ă  l’insipiditĂ© innommable se promenĂšrent dans sa bouche. Sous les yeux des deux hĂŽtes qu’il croisa furtivement, il prit son courage Ă  deux mains, s’empara du verre et engloutit le solde d’une traite non sans en terminer par une interjection indĂ©finissable. Il ne lui restait plus qu’à espĂ©rer qu’il ne s’agissait pas d’un bouillon d’onze heures. » Yvan Sjöstedt biographie AprĂšs avoir, durant quelques annĂ©es, travaillĂ© comme sĂ©rigraphe, Yvan Sjöstedt s’est tournĂ© vers une formation sociale. Plus tard, la dĂ©couverte de Londres en tant que rĂ©sident, lui a livrĂ© l’approche dĂ©calĂ©e qui lui est chĂšre. Il a participĂ© Ă  des piĂšces de théùtre et créé des sketches. Saltimbanque dans les annĂ©es 80 avec le groupe Snobs, il Ă©crit des textes de chansons. Avec son frĂšre Nicolas, il se met aussi au scĂ©nario de BD sous le nom d’emprunt de Ted Jo & Ted. Ensemble, ils crĂ©ent plusieurs bandes dessinĂ©es, notamment Farinet le faux monnayeur. Ils planchent actuellement sur une bande dessinĂ©e Ă  paraĂźtre bientĂŽt. A un poil prĂšs est son second roman. Sources – Cool, thriller de Simon Vermot, Ă©ditions du Roc – A un poil prĂšs, roman d’Yvan Sjöstedt, Ă©ditions du Roc – Site des Editions du Roc Fous et bouffons les mĂ©decins de l’esprit Dans l’AntiquitĂ© la moquerie, Ă©levĂ©e jusqu’à des sphĂšres divines, figurait Ă  la table des dieux. Par la suite, elle s’est transformĂ©e en divertissement royal tout en invitant le peuple Ă  se taper les cuisses. Dans la mythologie grecque, Momos est le dieu de la raillerie et des taquineries, le reprĂ©sentant de l’ironie et de la moquerie. Il endosse le rĂŽle de bouffon pour les divinitĂ©s de l’Olympe. Toutefois, aprĂšs s’ĂȘtre gaussĂ© de toutes les crĂ©ations des dieux, ces derniers le bannissent. Dionysos, le seul dieu qui le supporte, l’accueille. Au Moyen Âge et jusqu’à la Renaissance, le bouffon, Ă©galement nommĂ© fou du roi – ou la folle, Cathelot, par exemple, amusait Catherine de MĂ©dicis – Ă©tait un divertissement prisĂ© de la bonne sociĂ©tĂ© fortunĂ©e. On manque d’information Ă  son sujet mais tout laisse supposer que son existence remonte Ă  trĂšs loin. Les documents rĂ©vĂšlent qu’Attila disposait d’un bouffon pour Ă©gayer ses convives. Les fous usaient gĂ©nĂ©ralement d’un humour trivial. Souvent trĂšs bien payĂ©s pour se moquer du souverain, ce travail s’avĂ©rerait parfois risquĂ©. Humoristes les bouffons contemporains L’une de leur mission consistait Ă  faire apparaĂźtre la dualitĂ© de chacun. Dans le tarot, le fou reprĂ©sente la folie et l’errance, mais aussi la libertĂ© et l’insouciance. De nos jours les humoristes, et parmi eux les dessinateurs de presse, font office non seulement de fous du roi – c’est-Ă -dire des personnes qui dĂ©tiennent un pouvoir – mais Ă©galement de bouffons du peuple. HĂ©las, leur humour est souvent mal perçu, donc dĂ©criĂ©. A l’heure oĂč le monde entier s’ingĂ©nie Ă  les Ă©liminer du paysage mĂ©diatique, certains n’hĂ©sitent pas Ă  les soutenir, Ă  l’instar du journaliste Luc Schindelholz et des Éditions du ROC. Sans doute avec raison, puisqu’il est prouvĂ© que se dĂ©tacher des choses sĂ©rieuses et d’en rire, dĂ©clenche une augmentation de la sĂ©crĂ©tion d’hormones qui rĂ©gularisent l’humeur, Ă©loignent la dĂ©pression, boostent le systĂšme immunitaire et augmentent le seuil de tolĂ©rance Ă  la douleur. Selon certaines Ă©tudes, dans les annĂ©es 1930, pendant la Grande DĂ©pression alors que des guerres se profilaient, on riait plus de 15 minutes par jour. Actuellement, notre rire quotidien ne dĂ©passe pas les 5 minutes. Au moment oĂč la sinistrose s’infiltre de partout, il serait peut-ĂȘtre sage d’en revenir Ă  la meilleure thĂ©rapie que la nature nous offre. La Torche / Deux ans de dessin de presse, Ă©d. du ROC. La Torche un album pour changer du numĂ©rique ImaginĂ©e par Luc Schindelholz La Torche est composĂ©e de 25 dessinateurs et dessinatrices de presse et de 15 rĂ©dactrices et rĂ©dacteurs. Ensemble, ils travaillent depuis mai 2018 pour un média satirique et innovant, qui envoie des dessins humoristiques directement sur le Smartphone des abonnĂ©s. La formule, exempte des inĂ©vitables commentaires que les habituĂ©s peuvent faire sur la plupart des supports numĂ©riques, permet Ă  chacun de sourire sans ĂȘtre parasitĂ© par d’éventuelles dĂ©sobligeantes remarques envers les crĂ©ateurs. La Torche compte six rĂ©dactions virtuelles dans les six cantons romands. Elles ont, Ă  ce jour, produit prĂšs de deux mille dessins et autant de textes satiriques de proximitĂ©. Chaque canton Ă  ses propres dessinateurs, bien au fait de la politique et des anecdotes locales ainsi que de ses acteurs. Cent pour cent indĂ©pendante, sans publicitĂ© ni mĂ©cĂšne, la Torche se bat pour survivre sans subvention, grĂące Ă  ses abonnements et au soutien moral de son parrain, le dessinateur Chappatte. Elle compte environ mille fidĂšles dans toute la Suisse romande. Le meilleur de cette brĂ»lante production a Ă©tĂ© rĂ©uni aux Ă©ditions du ROC dans un florilĂšge de 112 pages comportant les 100 meilleurs dessins ainsi qu’un texte par rĂ©dacteur ou rĂ©dactrice. Patrick Chappatte a prĂ©facĂ© l’album La Torche n’est pas seulement un service rendu Ă  la satire, c’est aussi une bonne idĂ©e de start-up le dessin d’actualitĂ©, ce dĂ©clic de l’esprit, se prĂȘte parfaitement au clic de l’écran. Quand il surgit sur votre Smartphone et vous bondit Ă  la figure, l’humour dĂ©ploie tout son effet. Une preuve que les nouvelles technologies ne sont pas toujours les ennemies des mĂ©dias, mais parfois leurs nouvelles chances. Cette chance il faut continuer Ă  la donner Ă  Luc et aux dessinateurs de talent qui animent La Torche. Ce marchĂ© est rude, et le pari est loin d’ĂȘtre gagnĂ©. Alors pour chasser la morose noirceur de notre Ă©poque, allumez quelques torches autour de vous abonnez vous et vos amis Ă  La Torche. » Actuellement, La Torche intĂ©resse les dessinateurs français et tente un financement par la plateforme de Ulule auquel vous pouvez encore y participer d’ici demain. RĂ©trospective du dessin de presse Suisse 2020 Dans la mĂȘme veine, les Ă©ditions du Roc ont Ă©galement fait paraĂźtre la rĂ©trospective du dessin de presse 2020. Chaque fin d’annĂ©e, la Maison du Dessin de Presse expose le meilleur de la production annuelle suisse publiĂ©e dans les mĂ©dias, principalement papier. Car il s’agit du travail premier des dessinateurs de presse commenter l’actualitĂ© au jour le jour. Ainsi, le dessin demeure un instantanĂ© satirique de l’histoire en cours, un tĂ©moin des Ă©vĂ©nements dans le monde. Sur plus de 1500 dessins rĂ©ceptionnĂ©s, la Maison du Dessin de Presse en sĂ©lectionne 250. Une sĂ©lection encore rĂ©duite de moitiĂ© concernant l’ouvrage sur lequel l’on se penche aujourd’hui. Naturellement, le SARS-CoV-2 s’y taille une bonne place tout comme les votations sur l’acquisition des avions de combat. Souriez ! On vous dessine ! Retro du dessin de presse suisse 2020, Ă©d. du ROC Sources Editions du ROC La Torche / Deux ans de dessin de presse, Ă©d. du ROC Retro du dessin de presse suisse 2020, Ă©d. du ROC CommuniquĂ©s de presse des Ă©ditions du ROC RTS WikipĂ©dia Miguel Angel Morales un air de chat-chat-rock Homme fĂ©lin aux vies multiples, Miguel Angel Morales s’est distinguĂ© en fondant le collectif Plonk & Replonk. Mais pas uniquement. Cet espagnol typique du Jura – comme il se prĂ©sente lui-mĂȘme – nĂ© Ă  Barcelone en 1963 mais qui vit aux BarriĂšres, a, pendant longtemps, tenu les chroniques rock du feu quotidien L’Impartial et animĂ© des Ă©missions pour RTN. Il a Ă©galement collĂ© des affiches ; travaillĂ© comme graphiste ; ƓuvrĂ© Ă  la crĂ©ation du club Bikini Test ; brĂ»lĂ© les scĂšnes europĂ©ennes – mĂȘme une new-yorkaise – avec le Jivaros Quartet. Mythique, ce groupe suisse inspirĂ© par les Ramones et le Velvet Underground, s’était fort bien imposĂ© dans les eighties. Plus tard, c’est avec le trio de rock psychĂ©dĂ©lique Sunday Ada, que Miguel Angel a distillĂ© des ballades hallucinogĂšnes. Infatigable, il vient, avec une patte joliment griffue, d’ajouter une vie Ă  toutes les autres en publiant son premier roman Les Choses Gonflables aux Éditions Torticolis et FrĂšres. Les Choses Gonflables de Miguel Angel Morales l’histoire Les Choses Gonflables ne se rĂ©sument pas. Elles se lisent. Le rĂ©cit se dĂ©roule, au dĂ©part, dans un monde Ă©trange qui ressemble Ă  une parodie du nĂŽtre. Un endroit oĂč vivent les Ploucs et les Beaux. Puis, peu Ă  peu, on change de plan comme si les personnages se promenaient d’univers en univers, dans des sortes de mondes parallĂšles qui se superposent. Miguel Angel Morales sans trait d’union entre Miguel et Angel parce que les prĂ©noms composĂ©s ne prennent pas de trait d’union en espagnol parle ainsi de son livre dans une interview accordĂ©e Ă  RJB C’est assez spectaculaire, mais nĂ©anmoins c’est Ă©crit sur le ton de la banalitĂ© la plus totale. C’est un bouquin Ă  tiroirs, mais je vous rassure tout de suite, ça commence par un point A et ça se finit par un point Z en laissant quelques portes ouvertes. Il y a des fausses trappes et des fausses pistes. C’est un peu comme un fromage dont vous seriez la souris. Il vous faut entrer dedans. Vous faites les trous, vous vous nourrissez de ce que vous voulez, vous en sortez puis, vous y revenez plus tard ». Ce n’est pas le langage Plonk, il n’y a pas de joliesses ou d’absurditĂ©s gratuites. Le but ce n’était pas de faire ça. Mais Ă©videmment, comme je suis l’un des trois Plonk d’origine, les lecteurs s’amuseront peut-ĂȘtre Ă  se dire, tiens ça oui
 ça, peut ĂȘtre ça
 DĂ©libĂ©rĂ©ment, j’ai fait en sorte que ce ne soit pas du Plonk. Maintenant, lĂ , j’ai juste envie de montrer ce que moi je suis ». En Ă©tant brĂšve, je dirai que Les Choses Gonflables est un livre qui dĂ©peint, avec des tons surrĂ©alistes, le cirque qu’est la vie. A moins que, plutĂŽt qu’un cirque, ce ne soit une arĂšne. Les choses gonflables de Miguel Angel Morales extraits Depuis qu’il s’est fait Beau, je n’ai plus vu mon snobinard de frĂšre. Celui que je vois rĂ©guliĂšrement sur le plateau de Nos amis le sport », par contre, c’est cet Arthur tout sourire qui se raconte et s’étale. Sa vie, son Ɠuvre, ses sous-vĂȘtements importĂ©s du reste du monde qui coĂ»tent telle ou telle somme en francs beaux et qu’il recommande Ă  tous ceux qui savent. Moi, j’ignore. Ses chronos il est recordman de choses. Ses complĂ©ments alimentaires il mange. C’est Ă  Musclorama, le rendez-vous du muscle Impasse Jean-Jacques Sisyphe, que mon frĂšre perdu a ses habitudes de mascotte sous contrat. Des tas de dupes vont y souffrir, sur des tapis roulant Ă  toute vitesse, en direction de nulle part. Faut aimer. Il me fait suer avec son sport. Ses sponsors et ses soutiens, des Beaux de Beau Gotha. Ferait beau qu’un Plouc sponsorise quoi que ce soit. Cet Arthur aux gencives Ă©lastiques et la dentition en miroir a choisi son camp. C’est peut-ĂȘtre mieux comme ça. Lui et moi, on n’a jamais pu se blairer. Pourquoi je m’énerve comme ça ? » Nous sirotons en silence notre vin de tapis, pas trop malheureux, sur le moment. HĂ©las, nous avons si mal choisi l’heure de notre petite expĂ©dition que voilĂ  les Choses Gonflables qui apparaissent Ă  l’horizon de notre torpeur, dĂ©rivant au ralenti avec toute leur suffisance synthĂ©tique. Tinckey ou Mickin, Middock, Bianca Castasio et toute l’atroce Ă©quipe Ă  valves. C’est Ă  devenir fou. Nous nous cassons vite fait. Joop Ă  tĂŽt fait de nous distancer sur son gadget Ă  vapeur. Merci papa, merci maman. » Le lendemain, ça dĂ©chante plus qu’autre chose. Rien ou pas grand-chose dans la presse officielle. Rien non plus dans l’autre, dont l’acte de naissance se fait attendre. PostĂ© chez Titi Rantaplan, Avenue Jean-Jacques Camion – je prĂ©cise toujours car c’est une adresse trĂšs classe et je suis l’un des rares Ploucs Ă  s’y inviter -, je tends l’oreille, je guette l’éventuel journaliste, le sbire en goguette, la pipelette corruptible. Le surlendemain – aprĂšs m’ĂȘtre fendu d’un nombre modeste, mais suffisant, de baffes incitatives -, j’ai une idĂ©e plus prĂ©cise du nouveau fait divers. Ce type assez con que je n’apprĂ©ciais guĂšre n’est plus de ce monde. Je peux maintenant mettre un nom sur le gus Empaphos. Le mec qui aimait jouer Ă  la Belle au bois dormant ! Son corps a Ă©tĂ© dĂ©couvert Ă©parpillĂ© en petits morceaux dans sa petite chambre indestructible, sanglante Ă  faire peur. Une boucherie sans nom avec pour tĂ©moin muet le fameux cochon obscĂšne torchĂ© par un peintre sans talent. Marrant, si j’ose dire. L’affaire Empaphos reprĂ©sente une nouvelle barre trop haute pour nos braves sbires. Jean-PhilĂ©mon Patapon doit fumer par les oreilles. AprĂšs le boulanger-pĂątissier, ami du peuple, l’intello chiant par excellence. Non, ça n’a pas de sens. Ubluglute a toujours Ă©tĂ© ce lieu oĂč il ne se passe ni rien, ni rien de plus, ni rien de trop. Il s’y passe un peu et ça suffit. Les dĂ©chaĂźnements de violence, c’est bon pour les projections de minuit de Rikiki Patafiol et basta. La bizarrerie ordinaire, la nazerie bas de gamme, on les connaĂźt, on les aime. Il faut aimer le peu qu’on a. Mais cette folie-ci n’est pas Ă  notre Ă©chelle et ne prĂ©sage rien de bon. Et merde. On n’était pas bien, comme ça ? » Et si le monde rĂ©el, et si la vraie vie s’assimilaient Ă  ce que dĂ©crit le roman de Miguel Angel Morales ? Je vous laisse seuls juges. Sources Les choses gonflables, Miguel Angel Morales, Ă©ditions Torticolis et FrĂšres Le Temps ArcInfo RJB Pause hivernale A toutes et tous je souhaite, malgrĂ© les circonstances, un Superbe NoĂ«l et une Merveilleuse AnnĂ©e 2021. En ce moment la pesante rĂ©alitĂ© a pris le pas sur la rĂȘverie et les projets Ă  long terme, mais qui sait ? En 2021 les choses changeront peut-ĂȘtre positivement. Je vous le souhaite. Je nous le souhaite. A prĂ©sent, ce blog va prendre une longue pause pendant que je me pencherai sur d’autres Ă©crits. Je reviendrai le premier jeudi du mois mars avec de nouvelles lectures d’ici et d’ailleurs des BD, des nouvelles, de la poĂ©sie, de la littĂ©rature classique et contemporaine. Pour ne pas rater sa rĂ©ouverture, abonnez-vous Ă  la newsletter. Que le bonheur soit avec vous. A bientĂŽt. Dunia Miralles Les Enfers un village qui inspire les Ă©crivains Ces derniers mois, un village des Franches-Montagnes faisant partie de la paroisse de Montfaucon, l’un des moins habitĂ© de Suisse, autrefois rattachĂ© au dĂ©partement français du Mont-Terrible, a singuliĂšrement inspirĂ© les Ă©crivains. GuĂšre Ă©tonnant. Cet endroit porte un nom qui Ă©veille l’imaginaire. La lĂ©gende raconte qu’aprĂšs le dĂ©frichage de ce territoire, qui comprend aussi une tourbiĂšre, une Ă©paisse fumĂ©e en Ă©mana durant des mois. Il n’en fallu pas davantage pour qu’on le nomme Les Enfers. De quoi titiller les chasseurs de fantĂŽmes et les Ă©crivains, qu’ils soient admirateurs des poĂštes du XIXe siĂšcle ou friands de littĂ©rature horrifique. Deux livres se dĂ©roulant, partiellement, dans ce coin de pays sont parus cet automne. C’est aux Éditions de Fallois que l’on trouve Lucie d’enfer de l’écrivain genevois Jean-Michel Olivier. Un conte noir qui reprend le mythe de la dĂ©voreuse d’hommes, de la mante religieuse qui consomme des mĂąles forcĂ©ment vouĂ©s Ă  la mort. Vous pouvez lire une excellente critique de cet ouvrage en cliquant ici. Les Enfers a Ă©galement sĂ©duit un natif de cette rĂ©gion, l’enfant terrible de la RTS, le sĂ©ditieux Patrick Dujany, dit Duja, qui vient de sortir un grimoire death-metal–core qui nous explose les yeux. Les Enfers de Patrick Dujany death-metal-core et satanisme Si Patrick Dujany n’est pas un mĂąle blanc, cisgenre, hĂ©tĂ©ronormĂ©, avec un cerveau formatĂ© au siĂšcle dernier, il feint avec gĂ©nie. Je n’ai pas fouillĂ© sa vie intime et ne sais rien de personnel Ă  son propos. Il se peut, qu’elles que soient ses origines, sa vie, son identitĂ© de genre, ses prĂ©fĂ©rences sexuelles et ses pensĂ©es profondes, qu’il ait uniquement souhaitĂ© Ă©crire un livre hard-death-metal-core aussi lourd que la musique dont se charge ses lignes. Ce qui est encore, et heureusement, la libertĂ© de chaque Ă©crivain-e. Tour infernal parfaitement rĂ©ussi. Je suggĂšre aux censeurs bien-pensants et politiquement corrects que produit ce XXIe siĂšcle, de s’éloigner de cet ouvrage comme je conseillerais aux anges de fuir les sabots fourchus de BelzĂ©buth si, finir mĂ©chamment Ă©crasĂ©s n’entre pas dans leurs projets. Les autres
 les nostalgiques du XXe siĂšcle et des festivitĂ©s rock’n’roll au cynisme gras du bide, façon fin de millĂ©naire, puant le houblon d’une mauvaise mousse, c’est probablement de rire qu’ils s’écraseront en lisant la prose Ă©paisse de Dujany. A-t-il Ă©crit Les Enfers, paru aux Éditions Torticolis et FrĂšres, aprĂšs l’ingestion de trois bouteilles de Damassine, cinq poignĂ©es de psilocybes et quelques bouffĂ©es de crystal mĂ©th ? Je l’ignore. En revanche, je suis en mesure d’affirmer que chaque phrase amĂšne sa claque de trash, de mĂ©taphores mĂ©phistophĂ©liques et de diaboliques trouvailles. Aussi lĂ©ger qu’un cinq tonnes parquĂ© sur un nid d’hirondelles, Dujany nous jette sans peine en enfer. Un lieu fort bien habitĂ©. GuidĂ©s par Lemmy Kilmister, on y rencontre une ribambelle de personnalitĂ©s Winnie l’ourson, Colombo, Jimi Hendrix, Simone de Beauvoir, Bruce Lee, David Bowie
 et j’en passe. Les Enfers de Patrick Dujany l’histoire Pas loin d’un village au doux nom lucifĂ©rien, au cours de l’une de ces fameuses torrĂ©es comme on n’en fait que sur les crĂȘtes et les flans du massif du Jura, quatre membres de Burning Plane, un groupe de death-metal-core, agrĂ©mentent leurs saucisses de champignons hallucinogĂšnes. Pour amĂ©liorer le goĂ»t de la forestiĂšre cuisine, ils l’arrosent de trop d’alcool. C’est au milieu de cette dĂ©bauche culinaire qu’apparaĂźt Satan. Aux quatre gastronomes, il propose de devenir un groupe de rock mondialement connu, Ă  condition qu’ils lui vendent leurs Ăąmes. GuĂšre embarrassĂ©s d’hĂ©sitations, ils acceptent. Mais quand on danse avec le Diable, c’est toujours lui qui mĂšne le bal. C’est ainsi que, lors d’une tournĂ©e en NorvĂšge, un terrible accident de la route transporte directement le vilain quatuor en enfer. A la fois grotesque, fantastique, saignant, scatologique et ordurier mais avec suffisamment de bouffonnerie pour que rien ne puisse ĂȘtre pris au sĂ©rieux, Les Enfers nous propose une virĂ©e dans un univers qui oscille entre le cinĂ©ma de Quentin Tarantino et celui de David Lynch. A noter que j’ai dĂ» m’appliquer pour trouver un passage qui puisse ĂȘtre lu de tous sans qu’il n’offense presque personne. Patrick Dujany Les Enfers extrait “Tandis que la lune, aussi pĂąle qu’une gothique en phase terminale, segmentait ses stroboscopiques rayons Ă  travers les membres mouvants des conifĂšres chahutĂ©s par une sĂšche bise, une silhouette s’avança des tĂ©nĂšbres, dorĂ©navant vibrantes, pour tournoyer autour de nos musiciens en phase ascendante. Le Diable s’approcha de Panosse et d’Abel, alors qu’écrasĂ©s dans un buisson innocent, Dallas et Seb s’étranglaient d’une passion toute fraternelle. LĂ©gĂšrement agacĂ© par ce manque patent de discipline, il fit tomber la foudre au milieu d’une tourbiĂšre dans laquelle copulaient deux martres. Le rappel Ă  l’ordre fut efficace. Abel tomba dans les pommes, Pan caillait sur place et les deux abrutis se relevĂšrent, aussi blancs que des merdes de laitier trempĂ©es dans de l’eau de Javel. Le Diable leur expliqua lors d’un monologue abyssal qu’il avait besoin de renouveler son stock d’ñmes pures et rĂȘveuses. En Ă©change d’un succĂšs planĂ©taire, il leur offrait l’asile Ă©ternel dans son club rock des Enfers. ChoquĂ©, dĂ©chirĂ© et en pleurs Abel demanda prestement oĂč il devait signer. Abel pensa furtivement que le groupe n’avait pas le choix et les deux autres continuaient de s’enguirlander Ă  propos d’histoires indĂ©pendantes de la situation. Soucieux de remettre un peu d’ordre dans la procĂ©dure, le Diable leur prĂ©cisa qu’il avait besoin de leurs quatre signatures sur le document officiel, qu’il prĂ©senta dans un jaillissement de poussiĂšres, d’étincelles et de flammĂšches rougeoyantes. Devenir un groupe qui compterait, cĂŽtoyer les stars du hard, fermer leurs sales gueules aux policiers du rock national qui les mĂ©prisaient, se taper des groupies façon trombone en coulisses et faire la noce comme des gorets dans les meilleurs repĂšres mĂ©tal de la planĂšte, voilĂ  qui avait de la gueule. Et tant pis pour les flammes de l’enfer, on verrait plus tard. Pour ceux qui pensaient que la mort allait ĂȘtre de tout repos, la perspective d’une fin possible prenait des allures de pensum sans fin. Qu’importe les tourments d’une grosse saison en enfer, les quatre membres sĂ©vĂšrement psilocybĂ©s de Burning Plane apposĂšrent leurs fĂ©briles signatures, sur un parchemin en flammes que Panosse contemplait avec un dernier doute incandescent bientĂŽt cramĂ© de fascination. Puis brutalement, la lumiĂšre chut”. Biographie de Patrick Dujany Patrick Dujany dit Duja. NĂ© Ă  Moutier le 12 octobre 1972, Patrick Dujany alias Duja est un animateur de radio et de tĂ©lĂ©vision, producteur et chanteur. Depuis 2014, il taquine aussi la plume. AprĂšs avoir travaillĂ© pour la radio Couleur 3, il est passĂ© Ă  La PremiĂšre oĂč il a notamment animĂ© Bille en tĂȘte en compagnie de l’historien gastronome Philippe Ligron. Actuellement, il arpente les gares des villes suisses, pour l’émission de la RTS la 1Ăšre Gare Ă  vous, Ă  la rencontre de l’histoire et des personnalitĂ©s locales. Musicien d’une formation underground, en juillet 2003 MXD, son groupe de crossover et electro-metal – Duja connaĂźt Ă  la perfection le thĂšme de son dernier livre – est passĂ© en concert aux EurockĂ©ennes de Belfort. Sources Les Enfers, Patrick Dujany, Ă©ditions Torticolis et frĂšres Lucie de l’enfer, Jean-Michel Olivier, Ă©ditions de Fallois Fattorius, blog de Daniel Fattore Histoire de la Commune des Enfers RTS WikipĂ©dia La drogue en anecdotes et chiffres rĂ©els Quatre villes suisses, parmi les plus riches au monde, Zurich, St-Gall, GenĂšve et BĂąle, des mĂ©tropoles connues pour leurs places financiĂšres, les multinationales qui s’y sont implantĂ©es et leur importance politique, se partagent le discutable honneur de figurer dans le Top 10 des villes europĂ©ennes avec le plus fort taux de consommation de cocaĂŻne et d’ecstasy. La onziĂšme c’est Berne. Par ailleurs, Stephen King prĂ©tend avoir Ă©crit des livres entiers, en quelques jours seulement, sous l’emprise de la cocaĂŻne, et l’écrivaine Virginie Despentes dit avoir rĂ©digĂ© en moins d’une semaine, dopĂ©e Ă  la coke, Les jolies choses, roman qui a reçu deux prix et dont on a tirĂ© un film. Success Story une fiction totalement loufoque Des exemples dont on pourrait dĂ©duire que, pour devenir riche et cĂ©lĂšbre, il faut consommer des produits que la sagesse et la morale rĂ©prouvent. Un pas que les troublions de la littĂ©rature hexagonale Romain Ternaux, Johann Zarca – Prix de Flore 2017 – et les Éditions de La Goutte d’Or – Steak Machine, On ne naĂźt pas grosse, Surdose, L’Amour sous algorithme – n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  franchir dans une allĂ©gresse Ă  dĂ©foncer toutes les bienpensances. Success Story est un feel-good irresponsable -selon le bandeau qui l’accompagne- oĂč les drogues et l’alcool se sniffent et s’avalent Ă  chaque page. Une Ă©norme bouffonnerie dĂ©jantĂ©e Ă  dĂ©couvrir aprĂšs avoir enfilĂ© notre plus bel habit d’humour. Avantage de ce roman au parfum de beuh Ă  lire sans parachute il nous dĂ©monte les muscles zygomatiques et nous dĂ©met les mĂ©ninges en nous Ă©pargnant l’hĂ©morragie massive et la flĂ©trissure des parois nasales. Success Story le fil conducteur du roman Anna Jocelin dĂ©prime. Jeune professeure de français dans un collĂšge de banlieue, elle dĂ©teste son travail, ses Ă©lĂšves et ses collĂšgues. Son rĂȘve de devenir Ă©crivaine s’étiole alors qu’elle ne connaĂźt ni l’amour, ni l’amitiĂ©, ni mĂȘme le sexe. Elle est doucement en train de se noyer dans l’aigreur de sa solitude, quand sa route croise celle d’une ancienne camarade de lycĂ©e qui l’entraĂźne sur des chemins qu’à premiĂšre vue l’on pourrait dĂ©finir comme ceux de la perdition
 mais
 La phrase extraite du livre En plus de me dĂ©couvrir une Ăąme de dragouilleuse, je me surprends transformĂ©e en baratineuse prĂȘte Ă  raconter n’importe quelle salade pour parvenir Ă  ses fins». —————————————————————- Success Story interview de Romain Ternaux Romain Ternaux dont le prochain livre, I Am Vampire, sort le 4 octobre aux Ă©ditions Aux Forges de Vulcain, a acceptĂ© de rĂ©pondre Ă  mes 5 questions. Son acolyte Johann Zarca, immergĂ© dans la promo de Braquo sauce samouraĂŻ , son dernier roman, paru en septembre chez Fleuve Noir, n’a pas pu participer Ă  cette interview mais
 ce n’est que partie remise j’espĂšre. Les rĂȘves d’Anna Jocelin se rĂ©alisent lorsqu’elle commence Ă  prendre des substances dopantes alcool, MDMA, cocaĂŻne – entre autres. Le bonheur et la rĂ©ussite sociale se trouvent-ils dans les drogues ? C’est en effet la thĂšse dĂ©fendue dans le roman. Mais c’est un roman, justement, autrement dit une fiction. Pas une Ă©tude scientifique, ni un essai sociologique et encore moins un tract politique. Ni Johann Zarca ni moi ne faisons de littĂ©rature engagĂ©e ». À titre personnel, je ne me soucie pas de morale quand j’écris. La morale est l’ennemie de la fiction, elle est dĂ©jĂ  bien assez prĂ©sente dans la vie quotidienne pour qu’un Ă©crivain ait Ă  s’en soucier au moment oĂč il crĂ©e un monde qui n’existe mĂȘme pas. La littĂ©rature ne doit pas devenir le faire-valoir d’idĂ©ologies qui ont pignon sur rue dans la rĂ©alitĂ©. Selon moi, les meilleurs romans ne sont pas lĂ  pour Ă©duquer, mais pour immerger le lecteur dans ce qu’il ne connaĂźt pas. Dans le meilleur des cas, ils sont un dĂ©fouloir » qui permet la catharsis c’est en parlant des sujets sensibles qu’on parviendra Ă  mieux cerner la rĂ©alitĂ©. En d’autres termes, si on estime que la prise outranciĂšre de drogues et d’alcool relĂšve du tabou, il faut absolument lire Success Story. Vous figurez parmi les auteurs de Bizarro Fiction. Pourtant, dans Success Story l’on trouve de vĂ©ritables informations. Ce mĂ©lange des genres ne risque-t-il pas de nuire au roman qui pourrait-ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une apologie de la drogue ? D’emblĂ©e, le but de Success Story Ă©tait de reprendre les codes du roman feel-good. À la rigueur, Johann Zarca et moi-mĂȘme Ă©tions les derniers auteurs Ă  pouvoir incarner ce genre de littĂ©rature, lui comme moi Ă©crivant habituellement des romans plutĂŽt burlesques ou cyniques. Mais nous avons jouĂ© le jeu jusqu’au bout et au final, mĂȘme si la drogue y est omniprĂ©sente, Success Story est conçu comme un authentique feel-good tous les personnages vont connaĂźtre une ascension fulgurante et trouver le bonheur, y compris les personnes ĂągĂ©es qui tiennent une place centrale dans l’histoire. Leur cas est rarement traitĂ© en fiction, aussi l’écriture de ce roman Ă©tait-il une bonne occasion d’aborder le sujet. Nous avons injectĂ© de nombreux Ă©lĂ©ments de rĂ©alisme, comme les conditions de vie en EHPAD ou les effets des diffĂ©rentes drogues, afin de renforcer la crĂ©dibilitĂ© gĂ©nĂ©rale du roman, mais ils ne peuvent en aucun cas constituer une quelconque apologie Success Story s’avĂšre au final bien trop excessif sur le fond pour ĂȘtre pris au pied de la lettre. C’est une fiction consciemment Ă©laborĂ©e, comme une bonne blague racontĂ©e avec beaucoup de sĂ©rieux. Romain Ternaux, vous vous ĂȘtes enfermĂ© durant 3 ans afin de pouvoir Ă©crire. Vous ĂȘtes sorti de cette “ascĂšse” avec une quinzaine de manuscrits. Quelques-uns sont dĂ©jĂ  publiĂ©s – Spartacus, Le looser devenu gourou, Ă©d. Aux Forges de Vulcain- les autres suivront. N’est-ce pas schizophrĂ©nisant de vivre cloitrĂ© avec pour seule compagnie les personnages de fiction que l’on a dans la tĂȘte ? J’ai Ă©crit mon premier roman Croisade apocalyptique quand j’avais 22 ans, il y a donc dix ans. Je finissais alors des Ă©tudes de Lettres Modernes et j’habitais dans une vieille maison en pĂ©riphĂ©rie de Reims, sans prises Ă©lectriques aux normes, ni Internet. Mon seul but au dĂ©part Ă©tait de m’amuser, mais je me suis alors rendu compte que l’écriture pouvait constituer un palliatif Ă  l’isolement. Quand je suis arrivĂ© Ă  Paris l’annĂ©e suivante, j’ai exercĂ© des petits boulots pour diffĂ©rentes maisons d’édition, notamment lecteur ou correcteur. Mais ce n’était pas suffisant pour gagner ma vie. J’ai donc dĂ©cidĂ© de continuer dans la voie de l’écriture quitte Ă  avoir peu d’argent, autant se focaliser sur ses propres romans plutĂŽt que de travailler sur ceux des autres. Hormis mes pĂ©riodes d’études ou de salariat, je me suis donc enfermĂ© plusieurs annĂ©es pour Ă©crire un maximum, ce qui m’a amenĂ© Ă  produire beaucoup. MĂȘme en n’écrivant qu’une seule page A4 par jour, on devient prolifique car, si on s’y tient vraiment, cela reprĂ©sente le premier jet d’environ quatre romans par an. Évidemment, il s’agit d’un style de vie monacal qui peut faire peur, mais ce n’est qu’une question de tempĂ©rament, et aussi le prix Ă  payer quand on veut concrĂ©tiser le flux d’idĂ©es qui arrivent en permanence Ă  force d’alimenter l’écriture. Finalement, je trouve plutĂŽt sain de se confronter Ă  soi-mĂȘme sur une longue durĂ©e pour voir ce qu’il en ressort sur le papier. On peut voir ça comme une forme d’auto-analyse, sauf qu’on n’a pas Ă  payer de psy. D’un point de vue strictement technique, comment avez-vous Ă©crit ce livre Ă  quatre mains ? Avec Johann, nous nous sommes rencontrĂ©s dans une chambre d’hĂŽpital, lui pour un problĂšme au genou, et moi Ă  la hanche suite Ă  une chute en VĂ©lib’. L’une de ses amies lui avait apportĂ© le best-seller Les gens heureux lisent et boivent du cafĂ© pour blaguer, Johann n’étant absolument pas friand de ce genre de littĂ©rature. ClouĂ©s sur nos lits respectifs, nous nous sommes alors mis Ă  imaginer notre propre roman feel-good pour tuer le temps. Nous avons Ă©laborĂ© ensemble le synopsis, les personnages principaux et l’orientation gĂ©nĂ©rale de l’histoire. Quelques mois plus tard, nous avons dĂ©cidĂ© de concrĂ©tiser le projet et Johann a Ă©crit une premiĂšre mouture lacunaire, qu’il m’a remise afin que je la complĂšte Ă  ma maniĂšre. Ensuite, c’est moi qui lui ai remis ma propre version pour qu’il la retravaille, et ainsi de suite. C’est une technique qui nous est venue naturellement et qui fonctionne bien, car l’ensemble se trouve ainsi uniformisĂ© Ă  chaque fois. Je l’ai appelĂ©e la technique de la lasagne » il s’agit de superposer plusieurs couches sur une base commune. Mais peut-ĂȘtre faut-il ĂȘtre sur la mĂȘme longueur d’ondes pour que cela fonctionne aussi bien, du moins en ce qui concerne la littĂ©rature. La question que je pose Ă  tous les auteurs Ă  quel personnage littĂ©raire vous identifiez-vous? Arturo Bandini, l’alter ego de John Fante dans Bandini, La Route de Los Angeles, Demande Ă  la poussiĂšre et RĂȘves de Bunker Hill. J’aime son hystĂ©rie drĂŽlatique, sa folie et sa persĂ©vĂ©rance. Interview rĂ©alisĂ©e par Dunia Miralles Les Ă©crivains Romain Ternaux – Ă  gauche – et Johann Zarca. CrĂ©dit photo Teresa Suarez. Biographies des auteurs de Success Story Romain Ternaux Romain Ternaux est nĂ© en 1987. AprĂšs des Ă©tudes de littĂ©rature Ă  Reims, il monte Ă  Paris et y rencontre l’écrivain amĂ©ricain Dan Fante Ă  l’hĂŽtel OdĂ©on, grĂące auquel il devient lecteur pour sa maison d’édition française. Puis il s’enferme plusieurs annĂ©es chez lui pour Ă©crire des romans Croisade apocalyptique, L’histoire du loser devenu gourou, Spartacus, Success Story co-Ă©crit avec Johann Zarca et I Am Vampire, Ă  venir en octobre 2019. Johann Zarca RepĂ©rĂ© par les Ă©ditions Don Quichotte grĂące Ă  son blog Le Mec de l’Underground », Ă  prĂ©sent disparu, Johann Zarca a publiĂ© son premier roman, Le Boss de Boulogne, en 2013 Ă©ditions Don Quichotte, suivi, en 2015, de Phi Prob Ă©ditions Don Quichotte. En fĂ©vrier 2017 paraĂźt P’tit Monstre Ă©ditions La Tengo. Paname Underground paraĂźt en octobre 2017 aux Éditions Goutte d’Or. La mĂȘme annĂ©e il reçoit le prix de Flore, ex aequo avec L’Invention des corps de Pierre Ducrozet. En 2019 paraissent Success Story, co-Ă©crit avec Romain Ternaux, et Braquo sauce samouraĂŻ. Au sein des Éditions Goutte d’Or, Johann Zarca dirige la collection fiction. La pointe de la torche en FinistĂšre sud pour les amateurs de Surf Au cƓur du pays bigouden, la pointe de La Torche est impressionnante. Battue par les vents, c’est un spot connu des amateurs de surf et des randonneurs qui viennent dĂ©couvrir ses sites mĂ©galithiques,sa plage, ses promenades Ă  cheval le long de la des tempĂȘtes, le spectacle est simplement impressionnant la mer se brise sur la pointe, repousse le sable. La Torche est un lieu trĂšs visitĂ© permettant les activitĂ©s de sports de glisse et de voile. La pointe de la torche spot de surf Au printemps, le paysage se couvre de fleurs magnifiques dont des champs de Tulipe. Depuis le dĂ©but des annĂ©es 80, fleurissent en baie d’Audierne des fleurs de jacinthes et de tulipes faisant Ă©clater leurs couleurs sur les terres de la Palue auparavant abandonnĂ©es. Plus d’info sur le spot de surf Toutes les informatiosn pratiques sur le surf Ă  la Torche. PLUS D’INFO SUR Plomeur Toutes les informations pratiques sur Plomeur Visitez le pays bigouden DĂ©couvrez les activitĂ©s Ă  faire dans le Pays Bigouden Cette procession avait Ă©tĂ© instituĂ©e, vers l’an 1462, par le roi RenĂ©. Il avait empruntĂ©, pour en faire un spectacle magnifique, tout ce que la verve poĂ©tique de ce temps savait mĂȘler de sacrĂ© et de profane, d’histoire ancienne et d’histoire moderne. Le lundi de la PentecĂŽte, avait lieu la nomination des principaux chefs de la fĂȘte le roi de la Basoche, le prince d’Amour, l’abbĂ© de la Jeunesse, et quelques autres grands dignitaires. Le jour de la TrinitĂ©, Ă©taient Ă©lus les officiers subalternes, et tous ceux qui voulaient prendre part Ă  la cĂ©rĂ©monie se faisaient inscrire. Ils parcouraient la ville en chantant et dansant, s’arrĂȘtant devant les maisons de belle apparence, d’oĂč on leur jetait quelques piĂšces de monnaie. La veille de la grande procession avait lieu le passado ; vers midi, les bĂątonniers, aprĂšs avoir prĂ©alablement entendu la messe Ă  la cathĂ©drale , parcouraient la ville au pas de course, musique en tĂȘte, s’arrĂȘtant Ă  chaque coin de rue pour donner aux passants le spectacle de leur adresse. Puis ils se rendaient sur le Cours oĂč avait lieu le lou guĂ©, c’est-Ă -dire la distribution des costumes pour le lendemain. Le prĂ©vĂŽt, accompagnĂ© des Ă©chevins, proclamait le nom des dieux de l’Olympe, qui venaient successivement se ranger prĂšs de lui. Le lendemain, jour de la FĂȘte-Dieu , la procession se mettait en marche au son des cloches Ă  grande volĂ©e. D’abord se prĂ©sentaient quatre bĂątonniers chargĂ©s de rubans aux couleurs, soit de l’abbĂ© de la Jeunesse, soit du roi de la Basoche, suivant qu’ils appartenaient Ă  l’un ou l’autre de ces deux chefs ; puis se prĂ©sentaient les ateliers du comte de Provence, portant chacun une torche. Ils prĂ©cĂ©daient la RenommĂ©e, montĂ©e sur un cheval, que conduisaient quatre sampodophores porteurs de torches ; le costume de la dĂ©esse aux cent voix Ă©tait une robe jaune sur laquelle Ă©taient peintes les armes des principaux seigneurs provençaux ; deux ailes peintes Ă©galement en jaune sortaient de la robe par deux fentes pratiquĂ©es aux Ă©paules ; sa coiffure Ă©tait un bonnet Ă©galement jaune et couvert de plumes. Deux groupes suivaient la RenommĂ©e le premier se composait des chevaliers du Croissant, ordre militaire instituĂ© par le roi RenĂ©. Cet ordre, cĂ©lĂšbre dans les fastes de l’histoire de Provence, avait une armure ainsi qu’on la portait en ces temps ; un croissant que les chevaliers avaient sur la poitrine et Ă  leurs casques, indiquait que leur valeur devait aller toujours en croissant, et les distinguait des autres guerriers. Une musique militaire les sĂ©parait du duc et de la duchesse d’Urbin, montĂ©s sur des Ăąnes. Les figures grotesques de ces malheureux princes rappelaient un des trophĂ©es de RenĂ©, qui vainquit Urbin en 1460. La duchesse d’Urbin Ă©tait la fille d’Alexandre Sforce, que le duc avait Ă©pousĂ©e en 1459, aprĂšs la mort de Gentile de Braccaleone, sa premiĂšre femme. Les vocifĂ©rations et les railleries du peuple accueillaient toujours l’image de ce gĂ©nĂ©ral, qui, pour avoir Ă©tĂ© vaincu une fois, n’en Ă©tait pas moins un des plus remarquables de son Ă©poque. Momus suivait ces deux groupes ; son vĂȘtement Ă©tait chamarrĂ© de mille couleurs et couvert de grelots ; d’une main il balançait la marotte sur la tĂȘte de la foule, et de l’autre il tenait son masque. Mercure l’accompagnait. Ce dieu, en cette circonstance, ne reprĂ©sentait pas le protecteur du commerce et de l’industrie, mais seulement celui des voleurs. A cet effet , il s’appuyait sur la Nuit qui le couvrait de son manteau noir parsemĂ© d’étoiles et de pavots. Principale entrĂ©e de la ville d’Aix, par A. Meunier, en 1792 Un charivari, rĂ©union de bruits aigus et discords cherchant Ă  imiter les pleurs et les grincements de dents de l’enfer, annonçait le noir Pluton. Cinq groupes diffĂ©rents composaient son cortĂšge le premier Ă©tait celui des Razcassetos ; c’étaient les lĂ©preux de l’Écriture ils Ă©taient tous munis de peignes, de brosses, de ciseaux et d’éponges, s’occupant sans cesse Ă  brosser, peigner et laver un d’entre eux, qui cherchait vainement Ă  se soustraire Ă  leurs bons offices. Lou jouec dou cat paraissait aprĂšs les Razcassetos. MoĂŻse portait les tables de la loi ; son front Ă©tait ornĂ© des deux rayons lumineux que lui donne la tradition. Aaron Ă©tait prĂšs de lui, et cherchait Ă  expliquer la loi divine aux IsraĂ©lites ; mais ceux-ci se moquaient des paroles du grand-prĂȘtre, et dansaient autour du veau d’or. Un d’entre eux tenait un jeune chat qu’il lançait en l’air et ressaisissait dans sa chute avec beaucoup d’adresse, c’est ce qui faisait donner Ă  ce groupe le nom de jeu de chat, lou jouec dou cat. Enfin Pluton, Proserpine, l’accompagnaient, tous deux vĂȘtus de robes noires parsemĂ©es de flammes ; d’une main, ils avaient leurs sceptres d’ébĂšne, et de l’autre les clefs du sombre empire ; les dĂ©mons les entouraient formant devant et derriĂšre des danses diaboliques. Le quatriĂšme groupe reprĂ©sentait le pichoum jouec dĂ©is diables petit jeu des diables. Un enfant vĂȘtu de blanc figurait une Ăąme, qu’un ange conduisait par la main , lui montrant la croix. Des diables cherchaient toujours Ă  frapper de leurs masses ou de leurs fouets la malheureuse Ăąme ; mais les coups retombaient sur l’ange dont le dos Ă©tait vraisemblablement rembourrĂ©. Le grand jeu des diables suivait le petit, et terminait le cortĂšge du Dieu des enfers ; HĂ©rode, revĂȘtu des insignes de la royautĂ©, Ă©tait en butte Ă  la fureur des dĂ©mons, qui le harcelaient Ă  coups de fourches et de piques, faisant sonner insolemment leurs grelots autour de sa tĂȘte. La diablesse se faisait remarquer au milieu d’eux ; c’était une femme habillĂ©e dans le goĂ»t le plus moderne, personnification de la coquetterie. Les dieux de la mer suivaient ceux de l’enfer ; leurs costumes Ă©taient bleu clair, ainsi qu’est l’eau azurĂ©e ; ils entouraient Neptune, dont la main Ă©tait armĂ©e du redoutable trident ; les vents tonnaient autour de lui une danse animĂ©e. Une musique champĂȘtre annonçait les dieux de la terre ; les nymphes, vĂȘtues de robes vertes comme les feuilles des bois, mĂȘlaient leurs danses avec les satyres ; ceux-ci avaient les jambes couvertes de peaux bigarrĂ©es ; le haut de leur corps Ă©tait couvert d’un gilet dont la couleur imitait celle de la chair ; une longue queue et des cornes complĂ©taient le costume. Pan, habillĂ© de mĂȘme, les suivait en jouant de la flĂ»te. Ce char, couvert de pampres et de feuilles vertes, annonçait Bacchus c’était en effet lui qui Ă©tait assis sur ce tonneau ; d’une main il tenait une bouteille, et de l’autre une coupe. Il se versait Ă  boire, et dĂšs qu’il avait trempĂ© ses lĂšvres dans la tasse, elle lui Ă©tait arrachĂ©e par les faunes qui composaient sa suite, et qui la vidaient. Aussi cette partie de la procession Ă©tait-elle une des plus gaies. Mars et Minerve suivaient Bacchus ; le premier portait le costume des chevaliers au temps de Louis XI, et la seconde celui des dames de la cour. Elle tenait en outre la lance et la tĂȘte de MĂ©duse. Venaient ensuite les chĂšvaouz frux chevaux fringants. Cette partie de la procession Ă©tait certainement la plus curieuse. Des chevaliers de la cour de RenĂ© exĂ©cutaient debout sur leurs chevaux des exercices, comme on en voit chez Franconi ; mais il paraĂźt que ces seigneurs n’avaient pas la mĂȘme adresse que les Ă©cuyers de dernier car, dans une de ces processions, plusieurs d’entre eux tombĂšrent et furent tuĂ©s. Il fut dĂ©cidĂ© alors qu’on les remplacerait par des hommes qui auraient des chevaux de carton attachĂ©s Ă  leurs ceintures, et qui rĂ©pĂ©teraient d’une maniĂšre moins dangereuse les exercices de leurs devanciers. Diane et Apollon suivaient ces redoutables cavaliers ; Diane portait son arc et ses flĂšches ; Apollon, sa lyre harmonieuse et le coq matinal. Les Heures leur succĂ©daient se tenant par la main. Le groupe suivant reprĂ©sentait la visite de la reine de Saba au grand roi ; elle le saluait avec des rameaux verts et en balançant son corps de droite Ă  gauche. Salomon, pour lui faire honneur, exĂ©cutait devant elle une danse vive et animĂ©e, abaissant sa redoutable Ă©pĂ©e Ă  la pointe de laquelle Ă©tait attachĂ© le castlet petit chĂąteau surmontĂ© de cinq girouettes ; ce castlet figurait le temple que ce monarque Ă©leva. Les femmes de la reine la suivaient tenant chacune une coupe, prĂ©sent du saint roi. Les pichnoux dansaires et les grands dansaires, deux groupes de danseurs, prĂ©cĂ©daient le char des dieux. Celui-ci magnifiquement ornĂ©, couvert des tapis les plus riches, conduit par six superbes chevaux blancs richement caparaçonnĂ©s, supportait plusieurs trĂŽnes sur le plus Ă©levĂ© Ă©tait Jupiter, les foudres en main ; Junon Ă©tait Ă  ses pieds, elle caressait le paon son oiseau privilĂ©giĂ© ; VĂ©nus et l’Amour Ă©taient assis prĂšs d’elle ; les Jeux et les Ris entouraient le char. DerriĂšre Ă©taient les trois parques, Clotho, LachĂ©sis et Atropos, roulant, filant et coupant les jours des mortels. HĂ©rode les suivait ; il prĂ©sidait au massacre des Innocents. Ses gardes, armĂ©s de fusils, tiraient en l’air, et une douzaine d’enfants se jetaient Ă  terre en poussant de grands cris. Les Mages, les ApĂŽtres, les EvangĂ©listes figuraient aussi dans cette procession ; elle Ă©tait terminĂ©e par le prince d’Amour, l’abbĂ© de la Jeunesse et le roi de la Basoche. RenĂ© avait personnifiĂ©, dans ces trois chefs de la procession, la noblesse, le clergĂ© et le peuple ; tous trois marchaient sur la mĂȘme ligne ; tous trois avaient un cheval de la mĂȘme couleur et de la mĂȘme taille ; tous trois avaient une mĂȘme suite. En cette circonstance, mais en celle-lĂ  seule, se retrouvait l’égalitĂ©. Telle Ă©tait la procession d’Aix en 1490, et dĂ©jĂ  quelques personnages, tels que Adam, Eve, CaĂŻn, Abel, les Patriarches, etc., Ă©taient supprimĂ©s. La procession du Saint-Sacrement, ainsi qu’elle Ă©tait observĂ©e il y a encore quelques annĂ©es Ă  Paris, suivait ce cortĂšge. En 1645, et principalement en 1680, les archevĂȘques de la ville voulurent supprimer les scĂšnes profanes de cette cĂ©rĂ©monie ; le peuple mĂ©content menaça de brĂ»ler l’archevĂȘchĂ©, et les prĂ©lats renoncĂšrent Ă  leur censure. La fĂȘte continua donc sans obstacle jusqu’en 1789. A ce moment, la RĂ©volution, qui renversait toutes les cĂ©rĂ©monies du culte catholique, abolit aussi la procession d’Aix elle fut reprise Ă  l’époque du concordat ; mais alors elle Ă©tait bien dĂ©chue de son ancienne bizarrerie.

fĂȘte des fleurs pointe de la torche 2022